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samedi, 01 août 2015

Ho an'i Neny

Lettre à celle qui vient de faire son entrée en politique en étant élue (du moins provisoirement) à une des fonctions parmi les plus importantes du pays : diriger la Capitale.

 

Avant tout, je précise que je n’ai aucun problème à t’appeler Neny. Dans un contexte politique, c’est un surnom de ralliement comme un autre. D’ailleurs dans la vie, de nombreuses personnes se présentent comme Mamatia  ou Dada Rabe sans qu’on les considère comme des parents nourriciers.

 

Je n’ai pas pu aller voter car la défaillance dans l’élaboration de la liste électorale m’a « abstentionné » de force encore une fois, comme beaucoup d’autres. On a même envié des morts qui eux avaient le droit de voter. Cela n’a servi à rien de s’inscrire et se réinscrire au fokontany. Tu n’as donc pas eu ma voix.

 

Es-tu vraiment prête à être maire ? Je le souhaite car tu n’as plus le choix. Tu es élue, et pas qu’un peu. Et tu portes en toi l’espoir de tes électeurs et l’attente de ceux qui, sans avoir voté pour toi,  espèrent un retour à la normal.

 

Et moi aussi, j’attends beaucoup de toi pour que ce pays retrouve la sérénité et reprenne le chemin du développement.

 

Principalement, tu dois être la maire et pas la mère. Fini les propagandes. Montre-nous Lalao et ce qu’elle sait faire. Porte haut l’honneur des femmes qui gouvernent. Ne sois pas une maire de façade, même si à travers toi, beaucoup avait voulu voter pour un de tes prédécesseurs.

 

Sois rassembleur dans ce contexte de crise qui n’en finit pas. Ne cède pas aux provocations et use de toutes tes capacités de conciliation.

 

Apaise ta troupe et tes conseillers si jamais ils ont des désirs de vengeance. Ne serait-ce que verbal. Quelques moments d’exultation sont autorisés parmi tes sympathisants pour évacuer les frustrations et souffrances endurées pendant ces 6 années de crise, mais sois un modèle d’apaisement.

 

Écoute tes adversaires. N’oublie pas le message de ceux qui n’ont pas voté pour toi, non pas parce qu’ils voulaient voter pour d’autres, mais parce qu’ils n’ont pas cru en toi.

 

Mais surtout sois toi-même et reste simple comme on t’a toujours connue. Que le pouvoir ne te monte pas à la tête.

 

Il y a tellement à faire dans cette ville. Tellement. Mais la tâche n’est pas impossible si on restaurait un minimum de discipline. Si on mettait chaque chose et chaque personne à sa place. Si on mettait ensemble les petites et grandes initiatives.

 

Tu y arriveras. Tu y arriveras car je devine en toi la force et le courage de le faire. Tu as le soutien de ta troupe. Tu as eu le soutien de certaines personnes qui étaient pourtant restées neutres durant tout ce temps. Tu as mon soutien en tant que citoyenne de la ville que tu vas maintenant diriger.

 

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PS : C’était tout un débat autour de la non participation de Lalao Ravalomanana aux débats confrontant les neuf candidats. Si la participation au premier débat organisé par le FES n’avait rien d’obligatoire pour moi, j’ai par contre pensé qu’elle aurait dû être présente au débat organisé par le CENIT. Mais en suivant ce fameux « débat » à la télé, ma réaction qui était « Pourquoi Lalao elle n’est pas venue ? » s’est très vite transformée en « Pourquoi ceux-là, ils sont venus ? ».  Je vous laisse deviner pourquoi.

 

 

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samedi, 20 septembre 2014

Prendre sa place dans le trafic

Je suis pauvre mais je me soigne. C’est du moins ce que j’ai pensé durant toutes ces années. On pense mener des efforts pour essayer de sortir de cette pauvreté mais il semble que l’on s’enfonce encore plus.

 

Il y a eu la crise et il parait qu’on en est sorti. Sept mois maintenant que nous avons un gouvernement « reconnu », ce qui devrait permettre de reprendre les efforts de développement. Mais ce qu’on observe actuellement sur la gestion du pays n’est pas très enthousiasmant. En tous cas je ne vois aucun enthousiasme ni un élan collectif pour reconstruire un pays dévasté. Non. La vie reprend juste son cours.

 

L'intermède pourtant longue et destructrice de la crise n'a pas changé les braves gens. On pense qu’elles ne sont pas transformées en trafiquants ni ne sont devenues plus corruptrices qu’auparavant. Parfois elles décrient sur les murs ce qui ne va pas. Mais en réalité combien de braves gens reste-t-il sur terre ? Peut-être moins qu’on ne le pense, si on regarde par exemple ce qui s’est passé une nuit à l’arrivée d’un vol international.Au passage de la police des frontières, seule une dizaine de personnes étaient restées plantées durant plus d’une heure à faire la queue pendant que tous ceux qui étaient derrière (une bonne cinquantaine) ont réussi à les dépasser en faisant passer en douce leur passeport. Le policier, et même l’agent de santé posaient consciencieusement leurs doigts sur la machine biométrique à la place de ces gens qui sont moins braves qu’ils n’en ont l’air.

 

Chez les braves gens, le souci c’est maintenant de prouver qu’on est juste meilleur que les autres. L’important est de trouver un travail confortable et sécurisant. De gagner les appels d’offres ou gagner plus d’argent afin de pouvoir faire face à la hausse des prix et à la hausse d’impôts. Et si on a des résultats durables sur le développement, tant mieux, c’est un bonus. Pour les fonctionnaires, c’est de nouveau la bataille pour obtenir des postes et on félicite maintenant ouvertement ceux qui ont gagné. Les nominations ne font plus honte comme pendant la transition.

 

Pendant ce temps les besoins de nos populations sont restés les mêmes qu’il y a cinquante ans. Nos aînés ont construit des routes, des puits, des barrages, des écoles et des centres de santé. Maintenant nous continuons à construire des routes pour desservir les mêmes zones, des puits pour les mêmes communautés, des barrages pour irriguer les mêmes rizières. Qu’avons-nous faits de tous ces millions de dollars empruntés et de ces millions d’euros donnés si les besoins n’ont guère évolué ? Car c’est ça la pauvreté… c’est quand rien ne change.

 

Pendant ce temps, dans le monde du développement, on reprend le train presque quotidien. C’est de nouveau la saison des ateliers pour montrer qu’on réfléchit. (Les affaires reprennent se disent les hôteliers.) Tous les sujets y passent. Certains espèrent trouver LA solution le temps d’un atelier, d’autres reprennent leurs débats là où ils s’étaient arrêtés en 2008. Comme si les élections étaient le prince qui a réveillé la belle au bois. On fait des plans, des promesses qu’on ne pourra pas tenir. Mais au final, on ne fera pratiquement rien de plus qu’auparavant. Business as usual comme on dit dans le métier. Actions classiques recommandait l’expert. On décaisse le plus qu’on peut chuchote le chargé de programme car c’est ce qui assure notre prochain budget.

 

Les pratiques, les comportements et les décisions de nos dirigeants et de nos politiques ne nous satisfont pas. Mais nous dans notre pauvreté, est-ce que nous nous soignons vraiment, ou est-ce que nous nous contentons seulement de prendre notre place dans le trafic ?

 

 

 

Je suis un mutant, un nouvel homme
Je ne possède même pas mes désirs
Je me parfume aux oxydes de carbone
Et j´ai peur de savoir comment je vais finir
Il y a tellement de choses graves
Qui se passent dans mes rues
Que déjà mes enfants savent
Qu´il faudra qu´ils s´habituent

À prendre ma place dans le trafic
À prendre ma place dans le trafic

 

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lundi, 27 janvier 2014

Tratry ny...

Je demande la permission d’avoir aussi le blues…  (1)
 
On me dira qu’au moins on revient à un ordre constitutionnel. Je dirais plutôt qu’on ne fera que légaliser tous les comportements qu’on a vu apparaître durant cette transition.  Car quelque soit la force de ce nouveau Président, je ne suis pas convaincue qu’il arrivera à redresser le désordre que cette transition a engendré. Il y a maintenant trop de gens qui se croient tout permis... et encore plus maintenant qu’ils ont gagné.

De l’autre côté, il y a la tristesse, la colère, la révolte et aussi la résignation. Ces derniers jours, je lis souvent des messages du genre :

 

« Malahelo ny fireneko aho fa miaina amin'ny tsy rariny, tsy fahamarinana, fitaka. Voahosihosy... »

 

« Valala voatango… Ny valala voatango hono, dia mbola velona sy misy aina, mbola conscient ihany koa, saingy tsy afa-manao na inona na inona intsony »


Je m’étais préparée à partager ce que je pensais de cette nouvelle année, mais je me suis retenue car je ne voulais pas étaler cette tristesse… Puis ce samedi, il y eut la bombe qui a fait déborder le vase. Je n’ai pas le droit de me taire, car on continue à vouloir nous faire vivre dans la terreur.

C’est pour cela que je vous demande la permission d’avoir le blues… et de le dire. De dire qu’à chaque fois que j’entends les  tratry ny taona  de ce mois de janvier, je revois tout ce qui nous a aussi rattrapés, à part l’année…

Tratry ny fako…

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 fako andravoahangy - Copie.JPG

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Tana maintenant c’est une poubelle et des nids de poule. Et le pire c’est qu’on s’y habitue. En tous cas, cela ne dérange même plus certains, à voir le monsieur qui trône sur la montagne d’ordures en plein dans le marché d’Andravoahangy. A ce propos On peut suivre l’exaspération  sur les réseaux sociaux :

« Lasa vahiny vao mifafa rano. Fa ny antsika, ny vahiny indray no mamafa trano ». En effet, l’Union Européenne finance actuellement une opération d’urgence de curage des canaux de drainage de la ville. Car nous on préfère dépenser nos sous en fêtes et en artifices, au lieu de penser à l’assainissement de la ville.

La situation est telle qu’une mère de famille veut mobiliser les tananariviens à ne plus jeter les ordures dans les bacs mais les entasser devant la maison des responsables. 

 

Tratry ny daroka...

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 Les dina, on connait. On voit souvent écrit sur les murs en ville,  une interdiction de ne pas jeter des ordures ou de ne pas uriner à certains endroits, sous peine de payer le dina de 1.000 à 5.000 Ar, voire 10.000 Ar.  Puis de nouvelles formes de sanctions sont en train d’apparaître. Il ne suffira plus de payer car quelqu’un a décidé de donner des coups (daroka) en plus. Je ne m’étalerais pas sur la légalité d’une telle sanction. Je vous disais que maintenant on peut faire ce qu'on veut. Je me demande seulement qui va décider de la forme, de l’intensité et de la quantité du daroka ?

 

Tratry ny fery vaovao…

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Il a été élu et c’était couru d’avance… Il a été élu mais saura-t-il mobiliser les 75% qui n’ont pas voté pour lui ? Sans compter ceux qui réellement n’ont pas voté pour lui. Comment pourra-t-il obtenir l’adhésion des gens qui le considèrent déjà comme une nouvelle plaie, en l’appelant par le sobriquet Fery vaovao ? Par la force ? En tous cas, même les gens qu’il a payés pour sa propagande n’ont pas hésité à le placarder sur des bennes à ordures (Dommage, je suis passée après que les affiches aient été déchirées).  C’est tout dire de ce qu’ils pensent de leur patron… Vous aurez fort à faire Monsieur le nouveau Président…

 

Tratry ny didy...

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Tourner la page disait le type. L’aurait-il fait s’il n’était pas élu ? En tous cas, dans les karnem-pokontany, il y a un nouvel ordre : il est officiellement interdit de dire du mal des gens au pouvoir (Fanaratsiana mpitondra). Heureusement qu’il n’est pas (encore) écrit qu’il est obligatoire de dire du bien des gens au pouvoir.

 

 ...

 

Et dans cette ambiance, on se soutient comme on peut. Les réunions sont toujours prolongées par un sujet non inscrit dans l'ordre du jour. On parle du pays. On parle des choses qui dérangent, qui attristent. On se demande ce qu'on pourrait faire malgré le fait qu'on se considère comme des valala voatango. Et on partage les anecdotes qui font sourire : Un policier arrête une voiture, s’apprête à demander au chauffeur sa part de bonne année, sourit en voyant le journal Tia Tanindrazana sur le siège avant et dit au chauffeur de passer, sans réclamer sa bonne année…

 

Malgré tout ça, une tardive bonne année quand même à mes amis du blog.

 

PS : J'avais promis de donner après les présidentielles la signification de mon interminable sigle en titre de l'article TSZ3R… OSIYAUCQPDMVEQAUCDG !. Pour ceux qui n'arrivaient pas à dormir depuis tout ce temps en se demandant ce que cela pouvait bien vouloir dire, voilà je vous libère de votre torture :D

TSZ3R… OSIYAUCQPDMVEQAUCDG ! =   Tout Sauf Zafy Ratsiraka Ravalo Rajoelina ? ... Oui S’Il Y A Un Candidat Qui Peut Défendre Mes Valeurs Et Qui A Une Chance De Gagner.

 

 [1] «  La victoire de Hery Rajaonarimampianina est donc la défaite des légalistes qui ont cru à la primauté du Droit pour écarter les putschistes et les malfaisants de la direction du pays.  » dit Ndimby dans  Le blues de l'éditorialiste.

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vendredi, 25 octobre 2013

Lève-toi et vote

Ce billet sera peut-être le dernier d’une longue série d’expression sur la crise de 2009. Ou le premier d’une autre série qui risque d’être tout aussi longue. En tous cas un billet de plus dans le flot d’articles qui inondent le monde sur les élections qui se tiennent ce jour à Madagascar.


Je me suis levée très tôt ce matin, plus tôt même que pour aller au travail. Pour aller voter. Je n’ai pas reçu ma carte d’électeur, et je ne savais même pas si je figurais sur la liste électorale. J’étais le seul membre de la maisonnée à ne pas avoir reçu sa carte électorale. Mais je voulais voter.

Je voulais voter, non pas que j’accorde une confiance quelconque à cette élection, ni à son impartialité ni à sa transparence. Le principe du bulletin unique laisse trop de doute. Le référendum de 2010 avait eu la réputation d’être l’élection la plus mal organisée. Mais que dire de celle-ci quand on  pense à tous les moyens financiers injectés pour son organisation ? Je connais au moins deux personnes qui ont reçu deux cartes électorales : Hary et Maman’i Soa.  Que feront-ils de leur deuxième carte : voteront-ils deux fois ou laisseront-ils d’autres personnes «utiliser» cette voix disponible ?

Je voulais voter, non pas que j’ai été sensibilisée par les éternels « Adidy ny mifidy » oubliant de préciser que le véritable devoir est de s’exprimer et pas seulement de voter. Non plus que j’ai été conquise par le programme d’un candidat qui ne me donne aucune assurance que sa réalisation ne soit de nouveau stoppée en plein vol pas un autre hurluberlu qui ne veut attendre les prochaines élections.

Depuis 2009, mon choix m’a été volé. J’ai voulu défendre ce choix en adoptant le camp qui le représentait, et en manifestant, en écrivant, puis en manifestant et en écrivant... Mais pour certains, je n’étais qu’une partisane, une fanatique.  J’ai pourtant consacré ma vie professionnelle à apporter ma contribution au développement de ce pays. J’ai enduré l’état de nos routes et vécu le quotidien dans des villages et des communes des 22  Régions. J’ai payé mes impôts à chaque mois de salaire. Et je pensais que cette connaissance de mon pays et ma qualité de contribuable me donnaient le droit d’opter raisonnablement pour un choix politique sans avoir à être taxée de fanatique. Mais encore une fois, ce choix m'a été retiré.

Aujourd’hui, c’était la seule occasion qu’on m’a donné pour voter haut et fort contre tout ce qu’on m’a fait endurer depuis bientôt 5 ans. Et je ne suis pas la seule à avoir ce sentiment car des citoyens comme Rabelazao l’ont exprimé mieux que moi ce sentiment : 

Ny latsa-batoko dia hiaka hanehoana ny tsy fankasitrahako ny fanonganam-panjakana arahin-kerisetra.
Ny latsa-batoko dia feo hanoherako ireo mpanao amboletra nanao tsinontsinona ny safidim-bahoaka.
Ny latsa-batoko dia fomba hanasaziako ireo mpandrava efa, ninia nandrodana izay efa voatsangana.


Donc dès 6h30, j’étais présente sur les lieux de vote. Il y avait déjà du monde, et c’était calme. Des responsables m’ont gentiment orienté vers le bureau où je pouvais vérifier si mon nom figurait sur la liste. Des centaines de cartes y attendaient que leur propriétaire vienne les réclamer. Une responsable parcourt le listing des 4 bureaux de vote pour chercher mon nom.  Elle me demande si je veux faire le miala nenina et appelle un autre responsable qui reconsulte consciencieusement les 4 listes avant de me demander si j’avais reçu la carte bleue. Une dame au regard inquisiteur me pose la question : Avez-vous voté lors du referendum ? La réponse est non.

Bref, on me dit de venir m’inscrire au bureau du Fokontany dès lundi pour pouvoir voter au 2ème tour. Mais il n’est pas encore sûr que j’aurai encore envie de voter à ce moment là.

Allons-enfants de la patrie, le jour de vote est arrivé. Mais ce n’est pas encore aujourd’hui que j’aurai le droit de m’exprimer. Pour moi, aujourd’hui n’aura été qu’un bâillon de plus. Et aussi un pont de plus que je vais pour une fois apprécier.

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vendredi, 28 juin 2013

Saina afenina

 

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Ry Tanindrazako ô, aza tsiniko

Azafady fa tsy iniako

Fa ho afeniko ity fanevanao

Afeniko anaty foko ao

Fa ataoko tsara aro amin’ny mpaniratsira

Dia izay nitoky hitandrina azy lasa mpamiravira

Fa ny azy ilay ho an’ny Tanindrazana?

Tsy am-po malalaka fa tsy maintsy tambazana

Ka mody miaro ny vahoaka fa maka ny fananany

Ary ny baikon’ny mpanjanaka no indro fa arahiny.

Fa rehefa miverina ny sainy

Avoakako izy ho lanjainy

Eny izaho mihitsy no hiaraka aminy eo

Hampakatra azy avo, hampakatra koa ny feo

Hoe “Madagasikara Tanindrazanay”

Tsy voazarazara, fa an’ny Malagasy iray.

 

Ry sombin’ny aiko, ifonako

Tafahoatra ity fombako

Fa tsy ho hitanao ny fanevantsika

Hihofahofa eo antokotanintsika

Fa io no fomba ananako ho entiko hanambara

Fa toa tsy an’ny Malagasy ity Madagasikara

Andavako ireo misandoka ho mpitondra, mpanongam-panjakana

Amboadia mitafy hodi-janak’ondry, mosarim-pahefana

Mpanao rapa-dango ny harem-pirenena

Mataho-pifidianana, mpanangon-karena

Fa rehefa isika no mandidy

Isika Malagasy no tompon-tsafidy

Asandratsika avo ny fanevam-pirenena

Hanefy ny hambom-ponao hijoro tsy hivena

Fa izany rehetra izany sombin’aina

Hanefy anao ho olom-pirenena manan-tSAINA.

 

Ho an'ny Tanindrazana!

 

RAZAFIARITIANA Andriamahavonjy

25 jona 2013

https://www.facebook.com/andriamahavonjy.razafiaritiana/p...

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lundi, 24 juin 2013

Méfiez vous des blancs

E sambatra tokoa izahay… 53 années plus tard, on s’habitue à entonner l’hymne national sans trop se demander si l’on est réellement sambatra ou pas.

 

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Lever le drapeau en 2013… Pour célébrer quoi ? Refus pour certain. Habitude pour d’autres. Excessifs sur certains bâtiments administratifs dans la Capitale. Mais usés comme nos cœurs citoyens, dans les zones qui sont loin des intérêts politiques…

 

53 années plus tard, célébrer l’indépendance est devenu une habitude de défilés, de podiums et des cocktails où l’on emmène surtout les doggy-bag.


En milieu rural, la date coïncide avec la période des récoltes. Les élus en profitent pour faire des inaugurations et organiser des divertissements. Sur la route du moyen ouest, on voit de longs convois de charrettes ramenant chez eux les hommes pour être avec les leurs durant les fêtes. Quand la récolte a été bonne, on mange du riz toute la journée, on mange du gras. C’est la fête… mais pas celle de l’indépendance. Car, l’indépendance, personne n’y pense vraiment. 

Et ceux qui y pensent se demandent si nous sommes vraiment indépendants. Notre administration est malgache mais notre budget dépend des conditionnalités extérieures. Le poids des entreprises malgaches reste minime face aux sociétés étrangères. Et durant ces dernières décennies, les  institutions internationales ont agrandi leurs locaux, étendu leurs activités alors que les organisations locales restent petites et méprisées. Apparemment, seule notre armée a une bonne raison de parader le 26 juin.

Maintenant, c’est aussi l’extérieur qui nous dicte ouvertement les dirigeants qu’il ne faut pas choisir, en s’accrochant à la loi des 6 mois alors qu’on sait pourquoi et pour qui cette loi a été instituée. Mais que vaut une demi-année quand on a passé plus d’un demi-siècle dans un pays  et qu’on y a consacré toute sa vie professionnelle ? Et à l’inverse, il suffirait donc de passer un semestre dans un pays pour tout comprendre et prétendre le diriger ?

Ce qu’on veut ignorer, c’est que le peuple n’a pas encore eu l’occasion d’exprimer son avis sur le coup d’Etat de 2009, à travers une élection acceptable et acceptée. Car le pseudo référendum  du 17 novembre 2010 n’en était pas une. Et celle qui se tiendra le 24 juillet… pardon le 23 août… pardon le sine die…  est devenue comme un match de catch, où tout le monde se bat avec ferveur sur le ring : les combattants, les spectateurs, les juges, les fédérations, les vendeurs de billets et même les bookmakers. Et on voit aussi l’entraîneur asséner des coups sur son propre poulain.

Le coup d’Etat n’en finit pas. Le faux ni-ni mais un vrai ni-et qu’on préconise veut seulement écarter Ravalo, pour donner toute sa chance au candidat qu’On veut mettre en place pour parfaire le coup d’Etat. Car dans le lot de cette pléthore de candidatures se cache l’homme (ou la femme) en question. Comme le demande le twittos @TweetMalagasy, qui est donc ce fameux ou cette fameuse candidate ?

 
Alors que les candidats sont déjà en propagande, la Communauté Internationale menace de retirer ses financements. Tout le monde s’affole. La citoyenne menace de retirer son vote. Personne ne s’en inquiète. C’est vrai que dans une élection supposée être démocratique, c’est l’argent qui compte et pas l’avis des électeurs. L’endoctrinement sur la démocratie servirait donc seulement à défendre certains intérêts ? De plus, le bulletin unique n’est pas fait pour arranger pas les choses : il est tellement facile de trafiquer les voix indésirables, pour en faire des blancs ou des nuls.



(Avis d'un citoyen sur le bulletin unique : curseur à 2:47)

 

Et cela ne semble les déranger si ces élections ne sont ni libres, ni transparentes, ni crédibles et n’incitent pas la participation. Mais on veut tout de même qu’on vote dans ces conditions. Just smile and vote boys, smile and vote, comme on dit dans le film Madagascar.

Tongombakivaky, sady maharary no mahamenatra (Douloureux et honteux comme les pieds fendillés). C’est le sentiment que bon nombre de malgaches éprouve, par rapport à la situation qui existe dans le pays. On ne sait comment ni quand cela va finir. J’ai des doutes sur les élections, et c’est en me taisant que je ferais entendre ma voix. Mais méfiez vous des blancs, des nuls et des absentions… méfiez-vous de toutes ces voix que vous aurez muselées car un jour elles se feront entendre autrement. 

 

PS : Le titre "Méfiez-vous des blancs", bien que tiré d'un poème anti-colonialiste d'Evariste de Parny, se réfère plutôt aux votes blancs, dans le contexte actuel des élections à Madagascar.

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vendredi, 29 mars 2013

Je vous en vie

Chez eux, les plantes ont des épines pour survivre dans un milieu hostile et aride, et les hommes se déplacent avec une hache, une sagaie et parfois avec un fusil. Ils s’appellent Tsimatahotse  et pourtant ils ont peur.  Au village, on dirait qu’il n’y a que des femmes. Les hommes ne sortiront que lorsqu’ils sont sûrs que vous n’êtes pas de ceux qu’ils craignent…

 

Mais de qui, de quoi ont-ils peur ? Que s’est-il passé pour que ces hommes endurcis à survivre à la sécheresse, à la famine, aux invasions de criquets et aux traditions des vols de zébus soient prêts à s’enfuir dans la forêt, à la vue d’un 4x4qui s’approche ?

 

Ils ont peur des fahavalo. Ceux qui viennent pour voler en plein jour le peu de biens qu’ils ont, les assiettes, les marmites, mais qui au moins leur laissent la vie sauve. Ceux qui s’attaquent aux commerçants, aux voyageurs, aux gens qui ont de l’argent, et qui tuent d’abord avant de voler. Et ceux qui envahissent les villages, s’annoncent à coups de sifflet et de tirs en l’air pour prendre les zébus… 60 têtes… 200 têtes… 1200 têtes… Personne ne sort des maisons, sinon c’est la mort et le feu. Les braves les poursuivront plus tard, sans toujours les rattraper. Mais au moins le village est épargné…  Et tout cela peut se répéter 13 fois dans l’année.

 

Ils redoutent les vazaha. Pas les blancs… les militaires. Ces militaires font en effet fuir les voleurs de marmites mais pour certaines opinions ils font plus de mal que du bien. Et puis, Remenabila est trop fort pour ces vazaha : il se transforme en piso quand on lui tire dessus. C’est la légende.

 

Les rapports officiels parlent d’insécurité inhabituelle. Mais si on leur pose la question, ils diront que ça va. Que cela fait deux semaines que c’est calme. Ils parleront ensuite de la sécheresse, du chômage et de l’état de la route…

 

La politique ? J’ai posé la question une fois. J’ai eu honte de m’en soucier quand la survie est ailleurs. Je n’ai plus osé recommencer. Il y a cependant des  traces. La photo officielle de Rajoelina dépouillée de son cadre dans une mairie. Une affiche de propagande du ENY chez le Mpanjaka. Un paysan vêtu d’un T-shirt de Ravalomanana.  Rien n’est vraiment trop loin pour les politiciens.

 

Madagascar est au plus bas des indicateurs internationaux. Ils sont au plus bas des indicateurs nationaux. La nature et les profiteurs s’acharnent contre eux. Il semble même que leur propre culture les enchaîne même quand ils essaient d’en faire une solution comme avec les dina : réparer un homicide avec 30 têtes de zébus et ensuite trouver les 30 têtes de zébus…

 

Les enfants du pays, ceux qui ont « réussi », ont quitté la région. Les autres ont peur d’y aller ou d’y revenir. Qui donc a envie d’y rester ? Vivre avec 0,3 litre d’eau par jour, juste l’équivalent d’un grand verre… Etre en perpétuelle alerte… Risquer sa vie pour une zone pour laquelle on ne sait plus trop comment faire pour la développer…

 

On y va en touriste, on y va en aventurier ou pour le travail qu’on ne peut refuser.

Et eux, ils nous regardent passer, le visage grave, avec notre eau en bouteille, nos appareils photos, nos notes sur leur région, notre portefeuille pour nous payer un repas convenable… Ils doivent se dire, ceux-là ne font que passer, mais d’autres reviendront avec d’autres bouteilles d’eau, d’autres appareils photos, d’autres notes sur la région.

Et eux, ils continueront à faire ce qu’ils ont toujours fait : essayer de rester en vie… et donner tort ou raison à tout ce qu’on aura écrit sur eux.

 

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samedi, 29 décembre 2012

Je vous en voeux

Et quand nos regrets viendront danser
Autour de nous, nous rendre fous,
Seras-tu là ?
[Michel Berger]

Nous ne nous connaissions pas. Puis le (hasard du) coup d’Etat a fait croiser nos chemins. Je n’avais rien demandé, mais vous êtes entrés dans ma vie. Nous avons enduré le même soleil et les mêmes pluies de Mahamasina, d’Ankorondrano, de Iavoloha ou d’Ivato. Nous avions éprouvé les mêmes peurs face aux tirs et aux lacrymogènes d’Ambohijatovo ou de Fort-Duchesne. Nous avions commenté les mêmes articles. Nous nous sommes retrouvés sur les mêmes blogs.

Vous m’aviez lue, je vous avais lus. Je vous avais apprécié, parfois beaucoup, parfois un peu. Parfois pas du tout. Ça arrive. Nous ne supportions pas tous le même camp, mais nous étions tous contre le vol de notre Etat. Nous étions solidaires et nous rêvions qu’un jour, à force d’écrire et de manifester, on nous le rendra notre Etat... de droit. Notre état de droit.

Et quatre années se sont passées déjà. Tout ce que nous avions craint est maintenant arrivé.  Vie de corruption, destruction de nos patrimoines naturels, économiques... Il n’y a plus de règles, sauf celles de l’argent et des armes. Même le code de la route est devenu facultatif. Ils nous avaient volé notre Etat, et ils nous en ont donné d’autres. Etat défaillant. Etat voyou. Etat spectacle.

Les chiffres disent que nous sommes de plus en plus pauvres. Mais il n’y a jamais eu autant de nouvelles voitures ni autant de nouvelles constructions qu’en ce moment. Dans les bureaux ministériels, il n’y a jamais eu autant de photos du président, de nouveaux salons pour chaque nouveau responsable. Ils montent en grade, ils font des stades et des rugbymen fonctionnaires. Et nous, nous payons sans broncher.

Et nous, nos enfants ne retrouvent plus le chemin de l’école. Nous sommes toujours à la recherche d’un emploi.Nous ne faisons pas que parler de l’insécurité, nous veillons toutes les nuits à l’affût du moindre bruit suspect. Nous comptons les victimes des attaques souvent armées, chez nos voisins, nos collègues ou chez nous. Même les routes tuent de plus en plus.

Aujourd’hui, les héros sont fatigués. Un à un, vous avez quitté ma vie. J’ai quitté la votre. La crise nous a rapprochés et elle nous a séparés. Nous sommes retournés à nos survies, à nos silences, à nos indifférences, à nos autres luttes de la vie. Ils le savaient. Tout se passe exactement comme ils l’avaient prévu. Cela leur a juste pris plus de temps. Plus de gens. Plus d’institutions.

Maintenant on nous promet des élections. Mais dans une élection, on a un choix à exprimer. Et ce choix, on est aussi en train de nous le voler. On nous promet des élections libres où en vérité, on nous "forcera" librement à choisir. Pour faire semblant. Oui, pour faire semblant. Et le prochain Etat sera semblant.

O citoyens… Votez, subissez et pleurez sur votre rêve de démocratie, car le coup a été fatal. Nous ne sommes plus que spectateurs de notre effondrement. Et un jour, nos regrets viendront danser autour de nous, nous rendre fous…


Malgré tout, je vous en vœux… à vous tous…mes meilleurs, beaucoup et sincèrement car demain sera un autre jour… 2013 sera une autre année…


 

PS : Quelle année sera 2013 ?

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jeudi, 20 décembre 2012

Deux bonnes nouvelles pour Rajoelina

Cette histoire circule largement sur le net. Elle traduit trop le comportement de notre lapin national qui nous sert de président (président avec un petit "pet") qu'il est impossible de ne pas la relayer... LOL

 

 

Dieu convoque Obama, Poutine et Rajoelina et leur dit : « J'en ai marre, les hommes ont foutu le bordel sur la planète. Ca ne peut pas durer comme cela. Je décrète que dans deux mois ce sera la fin du monde. »

 

Obama retourne à Washington, convoque le Congrès et déclare : « J'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise : la bonne est que j'ai rencontré Dieu, il existe bien comme on l'a toujours pensé ; la mauvaise est que dans deux mois, ce sera la fin du monde. »

 

Poutine rentre à Moscou, convoque son gouvernement et déclare : « J'ai deux mauvaises nouvelles : la première est que, contrairement à ce que l'on a voulu nous faire croire pendant longtemps, Dieu existe, je l'ai rencontré ; la seconde est que dans deux mois, ce sera la fin du monde. »

 

Rajoelina de retour à Tana convoque la télévision et déclare : « J'ai deux bonnes nouvelles : la première est que la reconnaissance universelle est désormais acquise, Dieu m'a convoqué avec Obama et Poutine et, à cette réunion, j'étais considéré comme le seul et unique président de Madagascar ; la seconde, encore mieux, est que Ravalomanana ne pourra plus jamais participer aux élections. »

 

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dimanche, 09 décembre 2012

Attendre les bâches... ou pas.

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Regardez-bien. Ces deux photos ont été prises à deux jours d’intervalle, dans deux villages voisins sur la côte Est.

La première montre une école, « réparée » par une grande organisation internationale, dans le cadre d’une opération d’urgence après le passage d’un cyclone. La deuxième est celle d’un petit abri monté en 30 minutes par 6 gamins âgés de 7 à 11 ans, pour s’amuser entre deux corvées. Les gamins sont restés 10 minutes sous leur abri et sont repartis reprendre leur petite vie d’aide pêcheur.

 

 

Pour la réparation de l'école, imaginez tout le dispositif logistique qui se trouve derrière, ainsi que les fonds impliqués, depuis l’acquisition à l’acheminement de ces bâches. Combien d’internationaux, de bons salaires nationaux et de per diem ont été payés pour que les élèves de cette école soient temporairement à l’abri du vent et de la pluie ? Mais dans ce monde en pleine crise énergétique, évaluez aussi les coûts environnementaux et l'énergie nécessaire pour le transport international et la fabrication de ces bâches… coûts qui finiront par se répercuter chez nous d’une manière ou d’une autre…

Chaque année, ou presque, nous subissons des cyclones dévastateurs. A chaque fois, les organisations internationales s’engagent avec d’importants fonds pour les secours et les réparations. Mais si six gamins peuvent s’organiser d’une façon improvisée pour monter un abri de fortune en une demi-heure, est-ce que nous n’avons pas la capacité de nous organiser autrement pour nous reconstruire face à des évènements qui sont finalement prévisibles ?

Il faut reconnaître que comme certains se réjouissent des crises politiques, il y en a aussi qui se réjouissent des catastrophes naturelles car elles assurent le maintien de leur poste de « secouriste ». Sans penser que leur intervention pourrait être orientée dans le sens du développement au lieu d’entretenir les comportements d’assistés.

Je ne suis pas en train de dénigrer le travail d’assistance effectué par ces organismes internationaux. Mais à l’image de ces deux photos d’introduction, il apparait qu’il y a certains problèmes que nous devons apprendre à résoudre localement, avec des moyens locaux.

Car je crains que demain, ces gamins ne s’amuseront plus à construire un abri, mais joueront à attendre que les bâches arrivent...

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