vendredi, 29 mars 2013
Je vous en vie
Chez eux, les plantes ont des épines pour survivre dans un milieu hostile et aride, et les hommes se déplacent avec une hache, une sagaie et parfois avec un fusil. Ils s’appellent Tsimatahotse et pourtant ils ont peur. Au village, on dirait qu’il n’y a que des femmes. Les hommes ne sortiront que lorsqu’ils sont sûrs que vous n’êtes pas de ceux qu’ils craignent…
Mais de qui, de quoi ont-ils peur ? Que s’est-il passé pour que ces hommes endurcis à survivre à la sécheresse, à la famine, aux invasions de criquets et aux traditions des vols de zébus soient prêts à s’enfuir dans la forêt, à la vue d’un 4x4qui s’approche ?
Ils ont peur des fahavalo. Ceux qui viennent pour voler en plein jour le peu de biens qu’ils ont, les assiettes, les marmites, mais qui au moins leur laissent la vie sauve. Ceux qui s’attaquent aux commerçants, aux voyageurs, aux gens qui ont de l’argent, et qui tuent d’abord avant de voler. Et ceux qui envahissent les villages, s’annoncent à coups de sifflet et de tirs en l’air pour prendre les zébus… 60 têtes… 200 têtes… 1200 têtes… Personne ne sort des maisons, sinon c’est la mort et le feu. Les braves les poursuivront plus tard, sans toujours les rattraper. Mais au moins le village est épargné… Et tout cela peut se répéter 13 fois dans l’année.
Ils redoutent les vazaha. Pas les blancs… les militaires. Ces militaires font en effet fuir les voleurs de marmites mais pour certaines opinions ils font plus de mal que du bien. Et puis, Remenabila est trop fort pour ces vazaha : il se transforme en piso quand on lui tire dessus. C’est la légende.
Les rapports officiels parlent d’insécurité inhabituelle. Mais si on leur pose la question, ils diront que ça va. Que cela fait deux semaines que c’est calme. Ils parleront ensuite de la sécheresse, du chômage et de l’état de la route…
La politique ? J’ai posé la question une fois. J’ai eu honte de m’en soucier quand la survie est ailleurs. Je n’ai plus osé recommencer. Il y a cependant des traces. La photo officielle de Rajoelina dépouillée de son cadre dans une mairie. Une affiche de propagande du ENY chez le Mpanjaka. Un paysan vêtu d’un T-shirt de Ravalomanana. Rien n’est vraiment trop loin pour les politiciens.
Madagascar est au plus bas des indicateurs internationaux. Ils sont au plus bas des indicateurs nationaux. La nature et les profiteurs s’acharnent contre eux. Il semble même que leur propre culture les enchaîne même quand ils essaient d’en faire une solution comme avec les dina : réparer un homicide avec 30 têtes de zébus et ensuite trouver les 30 têtes de zébus…
Les enfants du pays, ceux qui ont « réussi », ont quitté la région. Les autres ont peur d’y aller ou d’y revenir. Qui donc a envie d’y rester ? Vivre avec 0,3 litre d’eau par jour, juste l’équivalent d’un grand verre… Etre en perpétuelle alerte… Risquer sa vie pour une zone pour laquelle on ne sait plus trop comment faire pour la développer…
On y va en touriste, on y va en aventurier ou pour le travail qu’on ne peut refuser.
Et eux, ils nous regardent passer, le visage grave, avec notre eau en bouteille, nos appareils photos, nos notes sur leur région, notre portefeuille pour nous payer un repas convenable… Ils doivent se dire, ceux-là ne font que passer, mais d’autres reviendront avec d’autres bouteilles d’eau, d’autres appareils photos, d’autres notes sur la région.
Et eux, ils continueront à faire ce qu’ils ont toujours fait : essayer de rester en vie… et donner tort ou raison à tout ce qu’on aura écrit sur eux.
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samedi, 29 décembre 2012
Je vous en voeux
Et quand nos regrets viendront danser
Autour de nous, nous rendre fous,
Seras-tu là ?
[Michel Berger]
Nous ne nous connaissions pas. Puis le (hasard du) coup d’Etat a fait croiser nos chemins. Je n’avais rien demandé, mais vous êtes entrés dans ma vie. Nous avons enduré le même soleil et les mêmes pluies de Mahamasina, d’Ankorondrano, de Iavoloha ou d’Ivato. Nous avions éprouvé les mêmes peurs face aux tirs et aux lacrymogènes d’Ambohijatovo ou de Fort-Duchesne. Nous avions commenté les mêmes articles. Nous nous sommes retrouvés sur les mêmes blogs.
Vous m’aviez lue, je vous avais lus. Je vous avais apprécié, parfois beaucoup, parfois un peu. Parfois pas du tout. Ça arrive. Nous ne supportions pas tous le même camp, mais nous étions tous contre le vol de notre Etat. Nous étions solidaires et nous rêvions qu’un jour, à force d’écrire et de manifester, on nous le rendra notre Etat... de droit. Notre état de droit.
Et quatre années se sont passées déjà. Tout ce que nous avions craint est maintenant arrivé. Vie de corruption, destruction de nos patrimoines naturels, économiques... Il n’y a plus de règles, sauf celles de l’argent et des armes. Même le code de la route est devenu facultatif. Ils nous avaient volé notre Etat, et ils nous en ont donné d’autres. Etat défaillant. Etat voyou. Etat spectacle.
Les chiffres disent que nous sommes de plus en plus pauvres. Mais il n’y a jamais eu autant de nouvelles voitures ni autant de nouvelles constructions qu’en ce moment. Dans les bureaux ministériels, il n’y a jamais eu autant de photos du président, de nouveaux salons pour chaque nouveau responsable. Ils montent en grade, ils font des stades et des rugbymen fonctionnaires. Et nous, nous payons sans broncher.
Et nous, nos enfants ne retrouvent plus le chemin de l’école. Nous sommes toujours à la recherche d’un emploi.Nous ne faisons pas que parler de l’insécurité, nous veillons toutes les nuits à l’affût du moindre bruit suspect. Nous comptons les victimes des attaques souvent armées, chez nos voisins, nos collègues ou chez nous. Même les routes tuent de plus en plus.
Aujourd’hui, les héros sont fatigués. Un à un, vous avez quitté ma vie. J’ai quitté la votre. La crise nous a rapprochés et elle nous a séparés. Nous sommes retournés à nos survies, à nos silences, à nos indifférences, à nos autres luttes de la vie. Ils le savaient. Tout se passe exactement comme ils l’avaient prévu. Cela leur a juste pris plus de temps. Plus de gens. Plus d’institutions.
Maintenant on nous promet des élections. Mais dans une élection, on a un choix à exprimer. Et ce choix, on est aussi en train de nous le voler. On nous promet des élections libres où en vérité, on nous "forcera" librement à choisir. Pour faire semblant. Oui, pour faire semblant. Et le prochain Etat sera semblant.
O citoyens… Votez, subissez et pleurez sur votre rêve de démocratie, car le coup a été fatal. Nous ne sommes plus que spectateurs de notre effondrement. Et un jour, nos regrets viendront danser autour de nous, nous rendre fous…
Malgré tout, je vous en vœux… à vous tous…mes meilleurs, beaucoup et sincèrement car demain sera un autre jour… 2013 sera une autre année…
PS : Quelle année sera 2013 ?

02:31 Publié dans Article, Humour, Musique | Commentaires (14) | Envoyer cette note |
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jeudi, 20 décembre 2012
Deux bonnes nouvelles pour Rajoelina
Cette histoire circule largement sur le net. Elle traduit trop le comportement de notre lapin national qui nous sert de président (président avec un petit "pet") qu'il est impossible de ne pas la relayer... LOL
Dieu convoque Obama, Poutine et Rajoelina et leur dit : « J'en ai marre, les hommes ont foutu le bordel sur la planète. Ca ne peut pas durer comme cela. Je décrète que dans deux mois ce sera la fin du monde. »
Obama retourne à Washington, convoque le Congrès et déclare : « J'ai deux nouvelles, une bonne et une mauvaise : la bonne est que j'ai rencontré Dieu, il existe bien comme on l'a toujours pensé ; la mauvaise est que dans deux mois, ce sera la fin du monde. »
Poutine rentre à Moscou, convoque son gouvernement et déclare : « J'ai deux mauvaises nouvelles : la première est que, contrairement à ce que l'on a voulu nous faire croire pendant longtemps, Dieu existe, je l'ai rencontré ; la seconde est que dans deux mois, ce sera la fin du monde. »
Rajoelina de retour à Tana convoque la télévision et déclare : « J'ai deux bonnes nouvelles : la première est que la reconnaissance universelle est désormais acquise, Dieu m'a convoqué avec Obama et Poutine et, à cette réunion, j'étais considéré comme le seul et unique président de Madagascar ; la seconde, encore mieux, est que Ravalomanana ne pourra plus jamais participer aux élections. »
12:04 Publié dans Humour | Commentaires (2) | Envoyer cette note |
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dimanche, 09 décembre 2012
Attendre les bâches... ou pas.
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Regardez-bien. Ces deux photos ont été prises à deux jours d’intervalle, dans deux villages voisins sur la côte Est.
La première montre une école, « réparée » par une grande organisation internationale, dans le cadre d’une opération d’urgence après le passage d’un cyclone. La deuxième est celle d’un petit abri monté en 30 minutes par 6 gamins âgés de 7 à 11 ans, pour s’amuser entre deux corvées. Les gamins sont restés 10 minutes sous leur abri et sont repartis reprendre leur petite vie d’aide pêcheur.
Pour la réparation de l'école, imaginez tout le dispositif logistique qui se trouve derrière, ainsi que les fonds impliqués, depuis l’acquisition à l’acheminement de ces bâches. Combien d’internationaux, de bons salaires nationaux et de per diem ont été payés pour que les élèves de cette école soient temporairement à l’abri du vent et de la pluie ? Mais dans ce monde en pleine crise énergétique, évaluez aussi les coûts environnementaux et l'énergie nécessaire pour le transport international et la fabrication de ces bâches… coûts qui finiront par se répercuter chez nous d’une manière ou d’une autre…
Chaque année, ou presque, nous subissons des cyclones dévastateurs. A chaque fois, les organisations internationales s’engagent avec d’importants fonds pour les secours et les réparations. Mais si six gamins peuvent s’organiser d’une façon improvisée pour monter un abri de fortune en une demi-heure, est-ce que nous n’avons pas la capacité de nous organiser autrement pour nous reconstruire face à des évènements qui sont finalement prévisibles ?
Il faut reconnaître que comme certains se réjouissent des crises politiques, il y en a aussi qui se réjouissent des catastrophes naturelles car elles assurent le maintien de leur poste de « secouriste ». Sans penser que leur intervention pourrait être orientée dans le sens du développement au lieu d’entretenir les comportements d’assistés.
Je ne suis pas en train de dénigrer le travail d’assistance effectué par ces organismes internationaux. Mais à l’image de ces deux photos d’introduction, il apparait qu’il y a certains problèmes que nous devons apprendre à résoudre localement, avec des moyens locaux.
Car je crains que demain, ces gamins ne s’amuseront plus à construire un abri, mais joueront à attendre que les bâches arrivent...
22:51 Publié dans Article | Commentaires (5) | Envoyer cette note |
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mercredi, 26 septembre 2012
Abolition de la peine de mort mais prérogative de tuer ?
J'avais mentionné dans mon post précédent que Madagascar n’avait pas signé le pacte international de 1989 visant à abolir la peine de mort.
En voyage à New York pour le Machin (qui mérite bien son surnom, je trouve), le putschiste en chef a signé hier ce protocole sur la peine de mort.
Etrange coïncidence avec la publication de mon billet ... 


Etrange initiative pour cet homme qui n'avait aucun srucpule à envoyer ses partisans à l'abattoir (pour moi, ses responsabilités dans le massacre du 7 février 2009 sont claires), pour quelqu'un qui n'a aucune honte à massacrer presque indirectement la population (chômage, insécurité et tout le reste), et surtout pour quelqu'un qui permet que des hommes soient tués sans avoir le droit d'être jugé (les tueries dans le sud, vous connaissez ?).
Mais il faut bien faire semblant de faire quelque chose, quand on fait semblant de diriger alors qu'on a réellement accaparé le pouvoir d'une façon illégale.
La peine de mort en Afrique
(Condamnations et exécutions en 2011 - Situation des pays en 2012)

Source :
16:09 Publié dans Article | Commentaires (10) | Envoyer cette note |
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lundi, 10 septembre 2012
Dahalo ou pas dahalo ?
Madagascar occupe de nouveau les colonnes des médias internationaux, les photos macabres des tueries dans le sud inondent les réseaux sociaux, et le sujet monopolise les discussions des réunions familiales et même professionnelles. Impossible de rester à l’écart, même si on essaie de filtrer les informations pour se protéger psychologiquement de toutes ces violences quotidiennes. Les attaques se multiplient et lorsqu’on localise sur la carte chaque nouvelle tuerie, comme lorsqu’on suit la trajectoire d’un cyclone, on a le sentiment que les attaques se rapprochent de Tana...
Les villageois ont donc tué des dahalo pour se défendre nous rapportent les médias. Et cela semble curieux car dans les batailles des zébus contre les dahalo, les villageois gagnent rarement. En tous cas pas à cette échelle. Lorsqu’on parcourt les sentiers ruraux, les villageois vous montrent parfois un petit monticule, là où un dahalo attrapé par le fokonolona est enterré, sur le bord du chemin. Un dahalo ou deux… mais pas 56 ni 86 ni une centaine comme ce qui se passe actuellement. Par quel miracle le fokonolona aurait-il brusquement eu le dessus ? Etaient-ce des dahalo ou pas des dahalo ? Cela s’apparente plutôt à des actions de marquage de territoire comme les Foroches dans le nord de Madagascar. Ou pourquoi pas une manœuvre politique pour servir de diversion ?
Ce qui est scandaleux, c’est que les « autorités » prônent l’auto-défense villageoise pour se débarrasser du problème, malgré tous les fonds et équipements attribués à l’armée depuis cette crise.
L’auto-défense a toujours été pratiquée à Madagascar, soit par l’application des dina, ou encore à travers les kalôny (qui vient du mot « colonne » et qui fait participer les villageois dans des patrouilles de nuit et des contrôles pendant les jours de marché des zébus). A l’annonce d’un vol dans le village, les hommes valides doivent faire le manara-dia (suivre les traces des voleurs). Sur les routes, on les reconnait souvent, par petits groupes - armés de sagaie ou de hache - et dont la plupart traînent les pieds. Ce qui est compréhensible devant l’inutilité de la tâche : non seulement ils perdent des journées de travail, mais il arrive que certains périssent sous les balles des dahalo. De plus, les voleurs déclenchent des feux de brousse pour effacer leurs traces.
Mais les dina ont surtout abouti à des excès, notamment au mépris des droits humains. Certes, la loi n° 2001-004 réglemente les dina pour servir l’intérêt collectif et prévoit les dispositions concernant les vols de bœufs. Mais dans la pratique, les panelistes lors d’une conférence sur les Droits de l’Homme ont rapporté que la plupart des dina qui existent ne sont pas homologués et ne respectent pas cette loi. Ils ont surtout été exploités par des personnalités ou pour servir des intérêts particuliers. On peut par exemple voir des dina stipuler l’exécution sommaire et immédiate des supposés voleurs sans aucune forme de procès. Et parmi les promoteurs de ces dina figureraient d’anciens ministres ou encore des chercheurs à l’Université…
Les mesures de compensation prévues par ces dina ont aussi pour conséquence de renforcer le caractère infernal du vol de zébus : le voleur devrait par exemple remplacer par 3 têtes chaque bœuf volé. La Région Ihorombe avait suspendu l’application des dina, mais comment suspendre une convention qui n’est pas homologuée et qui n’est donc pas sous la maîtrise de l’administration ? En décembre 2011, à Ihosy, on parlait de l’arrivée d’un camion rempli d’hommes pour récupérer 500 zébus, en compensation du vol de 30 têtes qui datait de 2007 !
Bref, auto-défense ou pas, la vraie question est « se défendre contre qui ? ». Comme le mentionne le Dinan’Anosy, les voleurs font partie de la communauté et sont connus par la population. Mais les vols sont souvent organisés par des réseaux de commercialisation clandestins. Ceux qui possèdent un important troupeau s’associent d’une façon ou d’une autre avec les voleurs pour protéger leur troupeau. Et même si le fokonolona repère des bœufs volés sur le marché, les receleurs remis à la justice sont vite relâchés. Avec la reprise récente des exportations des bœufs sur pieds après 10 années de prohibition, il fallait aussi s’attendre à un accroissement du grand banditisme.
On se souvient aussi de l’affaire Ikelihorombe en 2005, où les forces de l'ordre avaient mené une opération tsy minday mody (ne ramener aucun prisonnier vivant) durant laquelle ils avaeint massacré tous les hommes d’un village pour un soi disant opération de pacification, mais qui, selon les dires, serait plutôt une vengeance suite à une banale affaire de corruption. Aucune suite n’aurait été donnée à cet assassinat perpetré par les forces de l'ordre.
Le plus triste dans cette problématique de vols de zébus, c’est que les victimes sont toujours les pauvres paysans qui ont durement travaillé pour acquérir leur bétail. Ambohitromby, dans la Région d’Analamanga, est une localité où il y a des zébus comme son nom l’indique : d’année en année, il ne reste plus que 3000 têtes dans toute la Commune alors qu’auparavant, c’était le troupeau d’un seul propriétaire. A Ibity, dans la Région du Vakinankaratra, le cheptel est réduit de 80% et les éleveurs ne sont plus enclins à pratiquer l’élevage.
Le plus inquiétant, c’est quand le Malgache qui tient tellement à la vie et à sa vie (lahitokana ny aina) respecte de moins en moins celle des autres. Madagascar est abolitionniste de fait, même si la peine de mort est toujours prévue par la loi et que le pays n’a pas signé le pacte international de 1989 visant à abolir la peine de mort. Par contre sa population, face à la défaillance de la justice et dans une réaction de survie a de plus en plus recours à sa propre justice : « si on remet les voleurs à la justice, ils sont vite relâchés et ils reviennent pour se venger. Donc, soit c'est nous, soit c'est eux… »
PS du 26 septembre 2009 : Le protocole facultatif visant à abolir la peine de mort a été signé hier par Rajoelina.
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mardi, 26 juin 2012
Ces ingénieurs qui nous gouvernent
Ravalo n’aimait pas qu’on travaille le dimanche, jour du Seigneur. Du temps où il était Maire de Tana, les travaux de réfection des rues se faisaient en jour de semaine, ce qui avait pour conséquence de créer des bouchons terribles. Et qu’est-ce qu’on pestait alors en disant qu’on perdait tout de même des heures de travail dans ces embouteillages.
Rajoelina par contre n’aime pas qu’on travaille pendant les jours de travail, si on considère le nombre de ponts décrétés depuis qu’il s’est emparé du pouvoir. Pour lui, toutes les occasions sont bonnes pour organiser des fêtes, pour détruire chez les malgaches la valeur de l’effort et le sens du travail bien fait… ou pire, le sens du travail tout court. Et sa vraie devise est d’ailleurs tu mangeras à la sueur de ton pont comme le disait Tonton Georges.
Mais en parlant de travaux routiers et de ponts, cela me fait penser que ces gens qui nous gouvernent ou qui nous ont gouverné sont tous d’éminents ingénieurs, qui excellent dans les travaux publics. Ils ont porté haut la réputation des infrastructures malgaches, battant les records mondiaux, à faire pâlir les vrais techniciens, et cela sans avoir à se soucier des calculs de structures, ou des contraintes des matériaux de construction.
D'abord, Ratsiraka a fait le tunnel le plus long : ce n’est pas celui construit en 1934 et qui se trouve sur la ligne de chemin de fer FCE (1072 m), mais le tunnel de la révolution socialiste. Notre ingénieur rouge nous promettait régulièrement à chaque discours kely sisa dia ho tafavoaka ny tunnel. Il a pourtant fallu une quinzaine d’année pour en sortir. Et à côté, le tunnel en cours de construction en Suisse qui est réputé être le tunnel le plus long du monde (57 km) fait vraiment piètre figure : il faudra à peine un quart d’heure pour le traverser avec un train passager.
Ratsiraka nous avait promis 20.000 logements et 25.000 km de routes, sans faire grand-chose pour que cela arrive. De retour au pouvoir en 1997, il reprend sans aucune honte les mêmes propagandes avec pratiquement les mêmes chiffres comme objectif annuel. S'il se représente (LOL), il nous promettra peut-être 25.000 km de routes par mois ?
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Le fameux pont flottant de Ratsiraka. Les piroguiers qui circulaient sur ce fleuve étaient obligés de faire un transbordement de leur cargaison de bananes car le pont leur barrait le chemin. |
Ravalo, lui, a transformé le pays en un grand chantier à ciel ouvert, en faisant des routes une de ses nombreuses priorités. S’était-il inspiré de John F. Kennedy qui disait que ce n'est pas notre richesse qui a construit nos routes, mais ce sont nos routes qui ont construit notre richesse en faisant imprimer le dessin d’une route sur le plus grand billet de banque malgache ? Son mandat était la période où l’on avait beaucoup de mal à trouver des ingénieurs en Travaux Publics qui se faisaient payer cinq voire dix fois plus qu’en temps normal. Même les techniciens supérieurs avaient de hautes prétentions. Malheureusement, le défi qu’il avait fixé dans le MAP était trop élevé, ce qui a amené les responsables du secteur à étirer un peu leurs résultats. En vérité, il manquait les ressources financières, le temps et aussi les ressources humaines pour atteindre les objectifs routiers fixés dans le MAP.
Quant à Rajoelina, il peut être fier d’avoir fait le pont le plus long. Inutile de mentionner que le pont le plus long à Madagasikara est le pont Sofia (810 m) sur la RN6, ni que le pont le plus long au monde est en Chine (42,4 km) qui se traverse en moins d’une heure, car notre ingénieur orange a fait mieux : après 42 mois, on est encore sur le tetezamita et je ne suis même pas sure qu’on soit déjà sur le vrai (tetezamita).
Rajoelina n’est pas seulement connu pour la longueur ou le nombre de ses ponts, mais c’est aussi un coupeur de route professionnel. Alors que la longueur des routes dans la Capitale ne suffisait déjà plus pour absorber le trafic existant, et en considérant l’accroissement important du parc automobile depuis 2009 (*), il s’est amusé à couper l’Avenue de l’Indépendance, l’une des artères les plus circulées de la ville. Et à chaque période où la circulation est la plus dense, notamment durant les périodes de fêtes, il s’amuse systématiquement (c’est fou ce qu’il s’amuse) à couper des artères pour des podiums ou des inaugurations obscures.
Celui qui n’a manifestement pas gagné son titre d’ingénieur, c’est le PDS actuel d’Antananarivo, vu l’état déplorable de nos rues. On se croirait du temps de la deuxième République. Cela justifierait presque l’utilisation de ces encombrantes et polluantes Hummer… Et dire que je pensais qu’on n’aura jamais plus à slalomer entre les petits et grands trous dans les rues de Tana.
Il y a quelques mois, des coups d’annonce sont parus dans les journaux que les travaux de réfection des rues allaient commencer. Ils ont en effet commencé à tailler les bords des nids de poule comme s’ils allaient les traiter. Depuis, il ne s’est rien passé, les trous se sont approfondis et leurs interventions n’ont fait qu’aggraver les choses. Si on n’a pas les moyens de réparer les routes, on n’accélère par leur dégradation. Le gel des financements extérieurs ne signifie pas le gel du raisonnement intérieur… Sauf si l’on n’est capable de réfléchir qu’avec les aides extérieures.
Mais revenons à nos ponts.
Une connaissance qui dirige une petite entreprise raconte à propos de la crise : « C’est vraiment dur. On fonctionne à 40% de notre capacité, on n’a renvoyé personne pour des raisons sociales. On vit sur notre capital, ce qui réduit notre capacité de fonctionnement quand les activités reprendront. Les petites entreprises comme les nôtres qui essaient de survivre et de garder la tête hors de l’eau ont beaucoup souffert : nous subissons un harcèlement fiscal, les charges sociales établies par une loi ont été modifiées par une simple annonce dans les médias.
Nous subissons les augmentations des charges (carburant, électricité), et nous n’avons aucune visibilité sur ce que nous pourrions faire dans un an, ni même dans 3 mois. Les rendements diminuent car le personnel est soucieux : ils ne dorment pas à cause de l’insécurité qui règne partout, certains doivent s’armer d’un pilotra pour rentrer chez eux, ils n’arrivent plus à faire face à leurs charges. Nous avons été victimes de cambriolages et nous avons aussi subi plusieurs vols internes car la mentalité se dégrade réellement.
Récemment, le gouvernement a décidé d’augmenter le point d’indice et le salaire minimum. C’est bien pour les employés, mais comme on n’a pas de contrats pour faire face à cette augmentation, on va finalement devoir licencier. Et en plus, avec tous ces ponts décrétés par le gouvernement, on doit payer le personnel à ne rien faire. »
Bref, ces innombrables ponts, qui sont d'ailleurs irréguliers, ont des conséquences sur notre vie économique. Mais cela, ces voleurs de pouvoir ne s’en soucient guère. C'est un peu normal, car pour eux, l'argent est fabriqué dans les distributeurs oranges ou se ramasse dans les bois (de rose)...
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(*) Eh oui, tout cet argent distribué par les putschistes est bien allé quelque part : dans les villas, dans les voitures… et dans les mariages.
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mardi, 29 mai 2012
Interrogations écrites
J’ai toujours eu horreur de ces interrogations écrites dont le sujet commence par « Que pensez-vous de… » et que le prof me donne une mauvaise note. Comme s’il savait mieux que moi ce que je pense (la question étant sur ce que je pense, que j’aie vu juste ou non). Et imaginez la note si d’aventure, je n’avais aucun avis sur le sujet …
Dans la situation de crise actuelle par contre, on est obligé de penser, et il faut toujours lire entre les lignes, entendre entre les mots, voir entre les faits de toutes ces déclarations et évènements politiques. Inona indray no tian’ny mpanoratra ho lazaina ? Chaque action est interprétée en pour ou contre… et même quand ils ne disent rien : tout ce qu’ils ne disent pas est retenu contre eux…
Il y a quelques temps, j’avais demandé à plusieurs personnes ce que signifiaient ces drapeaux suspendus aux rétroviseurs intérieurs de certaines voitures. L’une d’entre elles (la personne et pas la voiture) pensait que c’était des gens qui voulaient exprimer leur désarroi face à la situation actuelle. Mais comme ces drapeaux avaient tous de la même forme, il semble plutôt que c’est un signe de reconnaissance et sert à ouvrir certaines portes… C’est dire que les questions qu’on se pose au quotidien ne concernent pas seulement les spectacles politiques.
Pour ce mois de mai, les interrogations ont été nombreuses, et j'ai sélectionné quelques unes.
Que pensez-vous de la possibilité de s’exprimer actuellement sur la place du 13 mai ?
Malgré le fait que la place du 13 mai ait été verrouillée par le pouvoir en place, savez-vous que la voix de Marc Ravalomanana a retenti à pleins décibels sur le parvis de l’Hôtel de Ville dans la soirée du 9 mai 2012, lors de la célébration de la journée de l’Europe ? Mais que voulaient donc dire ces gens de l’Union Européenne en projetant ce jour là le film « Mahaleo » dont la séquence sur Ravalomanana ne pouvait être considérée comme innocente ?

Projection du film « Mahaleo » sur le parvis de l'Hôtel de Ville le 9 mai 2012 lors de la journée de l'Europe. Séquence remarquée sur le discours de Marc Ravalomanana.
(merci à l’amie qui a fourni la photo et la vidéo)
Que pensez-vous des manifestations organisées par les deux compères de Free FM ?
Il semblerait que Lalatiana Rakotondrazafy, la fameuse voix qui a soutenu le mouvement orange et les putschistes, devient maintenant la star des manifestations anti-Rajoelina. Il parait même qu’elle soit préférée à l’actuel PDS à la tête de la Mairie. Dia gaga aho… Je comprends que des Zanak’i Dada et les anti-putschistes veuillent de l’action, mais comment oublier que cette voix a été associée à l’établissement de la situation que nous subissons actuellement ? Quel est donc l’objectif caché de ce mouvement Free FM, réelle contestation ou nouvelle manœuvre de diversion ? Dégager Rajoelina, d’accord, mais il faut faire attention car un Rajoelina peut en cacher un autre…
Que pensez-vous de cette insistance à vouloir investir la Place de la démocratie ?
Les manifestants « étonnés » et les nouvelles voitures de l’EMMO REG se donnent maintenant régulièrement rendez-vous à Ambohijatovo, sous les yeux de deux SADC. Dans la mesure où l’autorisation à occuper cette place dite de démocratie n’a pas été accordée, pourquoi en faire un blocage et ne pas plutôt choisir de manifester dans les rues et de faire des défilés ? Il est sûrement interdit de manifester dans les rues, mais qu’importe, nous ne sommes plus à une interdiction près et toutes les places ont été prises par le pouvoir en place.
Si vous avez les réponses à ces questions, répondez-moi… je ne donne pas de mauvaises notes :D
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mardi, 24 avril 2012
Aurai-je financé la campagne de Rajoelina ?
« Andry Rajoelina no filohanay », «Andry Rajoelina namako». C’est ce qu’on pouvait lire sur les T shirt distribués lors de l’inauguration de la RN 35 à Morondava.
Pour quelqu’un qui avait annoncé à plusieurs reprises qu’il ne se présentera pas aux prochaines présidentielles, Rajoelina fait bien sa campagne et continue sa conquête des Régions. Reboisements à Andranovelona, Mananjary, Manakara, et inauguration à Morondava...
Il essaie surtout d’effacer les traces de Ravalo dans la mémoire des gens, en copiant ou en parodiant celui dont il n’ose pas prononcer le nom. Il veut devenir le namana à la place du dada. Il veut laisser un héritage vert (LOL) au lieu d'une révolution verte. Et à Morondava, il a coloré Jerry Marcos en orange, (qui a répondu - Jerry Marcos et pas l’orange - avec une déclaration de fitiavana très claire : Avec toi ) retirant du coup aux Zanak'i Dada la possibilité de continuer à défier les autres en chantant Samy mafoaka, iô iô !
Une fois de plus, Rajoelina a montré lors de cette inauguration qu’il fait partie des gens du spectacle. Et il a fait son spectacle, clame à la manière d’un artiste un Je vous aime Morondava !
Une fois de plus, il s’est encore donné en spectacle. Pensant conquérir de cette manière le public de Morondava, Rajoelina frétille et annonce sur scène : « Sao dia heverinareo fa tsy mahay mandihy kilalaky président ! Mahay mandihy kilalaky président ! ». Celui qui s’appelle lui-même président pense donc que le souci du peuple, la première question qu’on se pose au réveil, est de savoir s’il sait danser le kilalaky ou pas…
Mais pendant que Rajoelina s’amuse et se donne en spectacle, on remarquera un fait : beaucoup de gens dans l’assistance continuaient à bouger et à discuter pendant la diffusion de l’Hymne national. On pourrait attribuer cela à une aggravation de l’incivisme, mais sûrement aussi parce que ceux qui présidaient la cérémonie n’inspiraient pas le respect.
Bref, ils n’ont pas lésiné sur les moyens pour cette propagande inauguration : les nombreux drapeaux distribués (qui ont dû coûter un certain montant, vue leur qualité), les nombreux T-shirt de la course pour la solidarité mais avec l’effigie de celui qui sait danser le kilalaky, le grand spectacle du soir, les réceptions, les déplacements de toute la suite présidentielle… tout cela a dû être payé par l'argent public, par mes impôts… Oui, on dirait bien que j’ai financé la campagne de Rajoelina… Honte à moi...
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dimanche, 18 mars 2012
Juge de ligne
Près de 500 personnes, dont des enseignants, des journalistes, des juges, ont entamé les démarches pour leur inscription aux élections présidentielles…
Rassurez-vous, cela se passe en Egypte. Chez nous, nous en sommes encore à la phase d'attente d’un texte d’amnistie et les élections ne sont encore pour tout de suite à Madagascar.
Heureusement pour l’Égypte que toutes ces candidatures, à part celles des candidats représentant un parti qui siège au Parlement, ne pourront être valides que si elles reçoivent le soutien de 30 députés ou de 30.000 citoyens dans au moins 15 des 18 provinces égyptiennes. Heureusement, car imaginez le besoin en papier exigé par autant de candidatures, et la déforestation qui suit, ne serait-ce que pour la production de bulletins de vote de l'ordre de 500 candidats x 40 millions d'électeurs, soit l’équivalent de 7 millions d’unités de ramettes de papier de format A4…
Un argument environnemental serait-il donc à apporter au profit du bulletin unique ? Car il faut savoir que le bulletin unique sera désormais utilisé à Madagascar, qu’on soit pour le respect de la constitution fôsika du 17 novembre 2010, ou pour le respect de la Feuille de Route de septembre 2011. En effet, l’utilisation du bulletin unique est stipulée dans la section Cadre électoral point 10.d de la feuille de route.
Pour le moment, nous sommes loin des 20 milliards de bulletin de vote à tirer car il me semble que le record que nous avons eu était de 15 candidats pour les présidentielles de 1996. Mais avec tous ces gens qui croient savoir mieux faire quand ils ont des armes, il faudra s’attendre au pire…
L’expérience déplorable du pseudo referendum de Novembre 2010, que le KMF CNOE a considéré comme la pire des élections, fait émerger des appréhensions concernant l’utilisation de ce bulletin unique.
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En cas de pléthore de candidats, le bulletin unique devra comporter plusieurs pages, comme cela s’est passé dans d’autres pays. Imaginez la difficulté pendant la propagande : Votez pour moi à la page 4, colonne de droite, ligne 17… La galère…
Les empreintes digitales comme moyen de cochage voulu par le CST ont été rejetées par le CT : le vote risque d’être nul si les traces débordent sur la case du candidat suivant. Mais quid du cochage en croix qui déborde ? Il faudra des juges de ligne comme dans les tournois de tennis pour assister aux dépouillements.
Il sera aussi impossible de rectifier une erreur de cochage car le bulletin sera sûrement considéré comme nul, en cas de rature. Et évidemment, cela pourrait inspirer les fraudeurs électoraux : il suffit de faire un deuxième cochage pour annuler des voix importunes.
Une fois plié, ce bulletin qui comportera plusieurs épaisseurs rentrera-t-il facilement dans l’urne, vu son épaisseur ? Et l’urne tiendra-t-elle pour la journée avec le volume prévisible de scrutin ?
Quant au dépouillement… qui ressemblera à une séance de lecture pour la recherche de la croix de vote, comment s’assurer depuis le fond de la salle que ce que les scrutateurs annoncent correspondent effectivement à ce qu’il y a sur le bulletin ? Même avec des jumelles, cela va être difficile….
Bref… Cela fait exactement trois ans hier que Rajoelina a pris le pouvoir par la force. Si cette crise n’est pas bientôt résolue, avec ces délais successifs pour un sommet, pour un suivi, pour une feuille de route, pour une loi d’amnistie… il aura fait presque un mandat sans avoir été élu.
Pendant ce temps, la HAT et ses acolytes s’amusent à publier leurs textes électoraux : code électoral, loi sur les partis politiques, loi sur le statut de l’opposition. Mais ces textes sont-ils compatibles ou peuvent-ils être considérés dans le cadre de la Feuille de Route ? Leur code électoral a pour en-tête la devise de leur 4ème République, alors que les élections reconnues seront celles tenues sous la régie de la Feuille de Route. Ces textes électoraux seront donc à refaire. Logiquement.
En attendant, l’exposé des motifs de ce code électoral commencent par ces termes :
"La souveraineté, source de tout pouvoir, appartient au peuple et la démocratie constitue l’exercice du pouvoir par le peuple à travers ses représentants élus au suffrage universel direct ou indirect ou par voie référendaire. La consultation du peuple, par élection ou par référendum, constitue la manifestation fondamentale de l’exercice de cette souveraineté."
Bien dit… mais dit et promulgué par un pouvoir qui n’a rien demandé au peuple souverain avant de prendre le pouvoir… quelle hypocrisie...
00:21 Publié dans Article | Commentaires (12) | Envoyer cette note |
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