dimanche, 22 janvier 2012

Toi mon peuple, que vas-tu devenir ?

Il a dit une fois qu’il allait rentrer. Tu es venu l'accueillir.
Il a dit une deuxième fois qu’il allait rentrer. Tu es encore venu l'accueillir. Plus nombreux que la première fois.
Et aujourd’hui quand tu es rentré chez toi le cœur triste de ne pas  avoir retrouvé celui que tu es venu accueillir,  tu te consoles : nous sommes venus nombreux, c’est notre victoire. Tu t’encourages : Andrasanay na amin’ny valo alina aza... Et tu sais que tu reviendras encore au prochain appel.

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Je t’ai vu : homme, femme, enfant, jeune, adulte, vieux, à pieds, en scooter, en vieille guimbarde, en belle voiture, en bus, ouvrier, cadres, vilain, beau, innocent, menaçant, propre, mal rasé, bien chaussé, pieds nus, bien vêtu, en pauvres hardes, seul, en groupe, en famille... 
Tu as dû marcher sur une longue distance pour y aller en sachant qu’il faudra refaire ce chemin au retour malgré la fatigue d’une longue journée d’attente. Sous pression.


Mais tu es courageux. Tu as bravé le soleil, la pluie, le soif, la faim.
Tu savais qu’il y aura les militaires, sans trop savoir de quel côté ils seront. Tu soupçonnais la présence des gros bras de l’AV7 ou d’autres casseurs infiltrés, mais tu es quand même venu. Et tu t’es préparé au pire. Au moins tu t’es préparé au lacrymogène : vinaigre, masque de médecin, cache poussière, torchon de cuisine. Le reste, je me demande si tu y as pensé. (Mais avoue que tu t’attendais moins aux pickpockets vu le nombre de téléphones perdus)

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J’ai admiré comment tu as réagi quand un cordon militaire s’est formé sur un des accès à l’aéroport près de là où stationnaient les camions militaires. La tension a brusquement monté, et un mouvement de panique s’est déclenché à  un endroit, mais tu as réagi comme un seul peuple pour ne pas y céder. Plusieurs voix se sont élevées : Tsy misy mihetsika, tsy misy mihazakazaka !  Heureusement, car il me semble que ce cordon était seulement pour assurer la sortie des véhicules privés qui ont été bloqués dans l’aéroport. (Mais plus tard, un groupe d'une trentaine (?) de personnes se trouvait derrière les militaires et la rumeur a décrété que c'était les AV7...)

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Mais pourquoi donc es-tu allé là bas ? Qu’attends-tu de ce monsieur pour que tu délaisses autant de choses de ta vie : tes activités, ta famille, tes amis, ton jour de repos. J’ai tendu l’oreille pour écouter ce que tu te racontais…


Toi le petit vieux : Tezao ny toetsaintsika fa tena simba. 
Toi la jeune dame : Pourquoi des militaires membres du DPKO  formés au maintien de la paix par les Nations Unies dirigent des opérations pour lancer des bombes lacrymogènes sur des manifestants ? (allusion au militaire vu à la télé et qui avait dirigé l’opération de répression  de la manifestation du 17 janvier). On leur a appris à laisser leurs armes face aux manifestants. On devrait reporter ça aux Nations Unies.
Toi que je soupçonne être un cadre de société privé : La différence entre ces deux opérateurs (comparaison de Ravalomanana avec un autre businessman malgache) c’est que Ravalo faisait travailler toute la filière locale depuis les paysans même alors que l’autre ne fait que revendre ce qu’il achetait de l’extérieur.
Je ne pouvais entendre ce que le reste disait mais c’est comme s’ils me disaient : et alors, est-ce qu’on a besoin de mettre une note explicative avec notre bulletin de vote ?
 

Aujourd’hui, tu as encore montré que tu étais un peuple sage.
D’abord, tu as mieux géré l’accès à l’information : radio, téléphone.  Tu as été sensible aux rumeurs, mais tu as fait l’effort de faire  la part des vraies et fausses nouvelles, même si le gars avec son mégaphone ne t’a pas dit grand-chose… même si des gens bizarres viennent brusquement s’immiscer à des conversations pour dire quelque chose du genre «  l’armée américaine va intervenir » et partir immédiatement après…  ou quand des groupes t’entraînent à aller envahir l’aéroport.  (Je voudrais tout de même t’expliquer que « aéroport fermé » veut dire que c'est l'atterrissage qui est interdit et qu’il ne faut pas penser à aller forcer une des portes de l’aérogare).

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Et quand tu as été au courant des mesures prises par ceux contre qui tu te bats, et que l'avion attendu a dû retourner à Johannesburg à cause de la fermeture de l'espace aérien, tu étais en colère... très en colère… je t’ai entendu parler de violence. Mais malgré ça, tu es quand même rentré sagement. Dans le calme. Tu sentais que des gens voulaient te pousser à la violence mais tu n’as pas cédé.

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Tu sais que tu m’as beaucoup ému quand tu as manifesté ta joie à la vue de tous ces aéronefs qui sont apparus dans le ciel quand l’espace aérien a été réouvert tard dans l’après-midi. Tu espérais encore qu’il arrive. Ou quand tu m’as vu avec de nombreux autres prendre le chemin du retour et que tu m’as dit : Aza mbola mody moa e, ohatran’ny efa resy isika...


Toi mon peuple... que deviendras-tu si tu te sens vaincu ? Tu n’es peut-être pas LE peuple mais tu en fais partie, et on n’a pas le droit de t’ignorer. Mais n’oublie pas que personne ne prendra soin de toi, sauf toi-même. Des gens se moqueront de toi : tsy ho avy eo izany ny dadanareo… Pour d’autres, tu n’es qu’objet d’analyse et de reportage. Certains se serviront sûrement de toi. Mais défends ton choix et assume le reste.

Aujourd’hui, encore une fois, je me suis reconnue en toi. Et je sais que je te retrouverais encore là-bas autant de fois qu’il le faudra.

 

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Articles à lire sur ce deuxième retour manqué du Président Ravalomanana :

 

Les avis des cyber citoyens

 

Après la réunion de Pretoria

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DIAPORAMA

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Avis d'alerte, on est sur le qui vive...

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Sur un panneau perché...


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On dit que ces hommes en noir sont des membres du kung fu.

 

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Ils sont nombreux à être venus des régions.

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Pourquoi le drapeau américain ?

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Petite intermède de la journée : l'envol d'un ballon sonde météo (croyez-moi sur parole si vous ne voyez pas le point gris de la photo).




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jeudi, 19 janvier 2012

Ce n'est pas la fin du monde

A tous ceux qui vous ressassent que ce n'est pas la peine de penser aux cadeaux de Noël pour cette année, il est temps de leur répondre que 2012 ce n'est pas la fin du monde.

 

On dit que la Planète X, découverte en 1983, risquerait de nous rentrer dedans le 20 décembre 2012. Mais, il y a seulement 25 % de chance que ça se passe.

 

Si cela arrive, cela pourrait déclencher des tsunamis, des tremblements de terre, des éruptions volcaniques… et 2/3 de la population va périr.

 

Donc ce n’est pas la fin du monde... pas pour tout le monde.

 

 

Et puis, selon le site What Will Happen In 2012 sur lequel j'ai glané ces informations, il y a des endroits sur Terre où l'on a plus de chance de survivre à la combinaison des catastrophes naturelles et celles créées par l'homme.

 

Il cite 5 sites dans le monde, et devinez quel pays célèbre figure dans cette liste ? Madagascar bien sûr… Ainsi donc, la raison de tout ça, de toutes ces crises que nous endurons d'une façon cyclique, ce n’est pas notre sous sol : pétrole, or, … ni notre sur sol : bois de rose, terre, eau, plage,… mais tout bêtement parce que Madagascar fait partie des quelques endroits sur terre où il y aurait une vie après 2012... LOL

 

C’est donc pour cela qu’il y a un massacre organisé de la population malgache… Pour faire de la place à d'autres ? Enfin... à chacun sa théorie bien sûr... Je confirmerais si je suis encore là le 21 décembre 2012.

 

En attendant, essayons de survivre au 21 janvier 2012 : Asabotsy indray hono mifankahita e...

 

 

PS : La sonde russe Phobos-Grunt était supposée tomber sur Madagascar entre le 15 et 16 janvier. Elle a finalement atterri dans le Pacifique, loin de son objectif initial. Mauvais calcul, ou le ciel épargne-t-il déjà Madagascar ? Re-LOL

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dimanche, 15 janvier 2012

Règles de savoir survivre

Vendredi 13 janvier à 9h. Embouteillage sur le trajet pour aller au bureau. J’achète mon journal à mon crieur habituel qui me prévient : "Ne mettez pas votre sac sur le siège, mettez le par terre. Il y a une heure, juste à 100m de là, on a volé le sac d’une dame dans une voiture. Ils ont cassé les vitres." Et dire que c’est mon trajet quotidien. Maintenant, il va falloir que je me déplace en faisant les yeux de caméléons et surveiller tous les passants qui pourraient être des agresseurs potentiels, en plus de tous les autres usagers qu’il faut surveiller pour éviter un accident. 

 

Vendredi 13 janvier à 13h30. Tsiky m’appelle. Complètement traumatisée. Elle a vu la scène du meurtre à Antanimena : « J’ai très envie de rentrer à la maison et de ne plus en sortir ». Hélas, il lui faudra tenir jusqu’à la fin de sa journée de travail. C’est précieux un travail. Il lui faudra dorénavant changer d’itinéraire.

 

Vendredi 13 janvier à 20h. Dîner avec des amis.  L'un d’eux raconte comment ses parents, des petits vieux de 70 ans ont été attaqués chez eux à 4h du matin par une bande de 12, armés. En 20 minutes, les voleurs ont pris tout ce qui avait de la valeur, y compris les alliances à leurs doigts. Ils sont restés 15 minutes une arme pointée à la gorge, mais au moins, ils ont eu la vie sauve.

 

Samedi 14 janvier à 7h30. Visite de ma sœur. Le fils aîné d’une de ses amies a été tué la veille lors d'un cambriolage de leur maison. Plusieurs coups à l’arme blanche. Je la connais cette amie. Je tremble pour elle.

 

Samedi 14 janvier à 15h. Réunion familiale pour la nouvelle année. Tonton Tsita dit qu’ils attendent l’arrivée de la dépouille mortelle d’un cousin, tué lors d’un cambriolage dans une ville de province…

 

...

 

Heureusement, la série de nouvelles sur les agressions touchant ou affectant mon entourage s’arrêtera là pour la journée. Mais autant d’agressions qui vous hèlent en si peu de temps n’est pas le fait isolé des effets possibles d’un vendredi 13. Chaque semaine, vous ou votre entourage êtes affectés par l’insécurité qui s’amplifie de plus en plus à Tana. Le pire, c’est qu’on ne parle plus de simples effractions mais les attaques sont presque toutes avec des armes à feu, et on constate que les violences sont gratuites durant ces cambriolages.

 

Maintenant, vous appréciez votre chance s’il ne vous est rien arrivé le matin au réveil ou  le soir une fois rentré du bureau.  Car en plus de ces attaques, vous courrez aussi d’autres risques dus à la saison cyclonique : un arbre, une branche qui vous tombe dessus par insuffisance d’opération d’élagage en préparation à la saison ; tomber dans un trou au niveau des effondrements de la chaussée (défaut d’entretien des routes), ou dans les bouches d’égouts dont les couvercles ont été volées ou détruites.

 

Au sein des organisations internationales, le personnel est informé, préparé, encadré pour les risques et l’insécurité qui sévit actuellement. Le reste du monde malgache vit dans la débrouille comme d’habitude et les résultats sont là.  Il faudrait qu'on nous donne les consignes de base comme celles données aux personnes prises en otage.

 

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(Source et pour voir la traduction : http://www.guide-de-survie.com/12-points-sortir-vivant-pr...)

 

 

J’ai sélectionné ici quelques éléments des règles de savoir survivre à Tana, que je partage si ça peut sauver des vies et épargner des blessures.

En voiture :

  • Verrouiller systématiquement les portières, et lever les vitres, même s’il fait chaud. En particulier dans les quartiers où les agresseurs peuvent se fondre parmi les passants ;
  • Laisser impérativement les ordinateurs portables ou tout ce qui a de la valeur dans le coffre arrière ;
  • Ne pas laisser les sacs à mains sur les sièges pour ne pas attirer le regard ;
  • Ne pas prendre à bord des gens qui vous hèlent en route et que vous croyez reconnaître (ils ressemblent à des gens que vous connaissez). En descendant de voiture, ils arrivent à subtiliser sac à main, laptop, IPAD et autres sans que vous vous en rendiez compte. Plusieurs témoignages dans ce sens. 

A la maison :

  • Si par malheur, les cambrioleurs ont déjà pu entrer dans votre maison : ne pas les défier, ne pas résister. La vie ne se remplace pas…
  • Garder une certaine somme d'argent à la maison. Les cambrioleurs sont très agressifs quand ils ne trouvent pas des espèces et des bijoux… Mieux vaut sacrifier quelques billets plutôt que de recevoir gratuitement une balle.
  • Ceux qui ont des gardiens : leur dire de faire la ronde avec le téléphone à la main et le numéro d’urgence prêt à l’appel. C’est pendant les rondes qu’ils neutralisent les gardiens.
  • Inutile d’appeler le commissariat de votre arrondissement. Enregistrez plutôt les numéros des unités d’intervention (à ne pas confondre avec le FIS). J’ai eu personnellement l’occasion de les voir à l’œuvre. Ils arrivent dans un délai de 10 – 15 min. Même s’ils arrivent parfois après coup, leur arrivée dissuade un retour possible des voleurs pour reprendre ce qu’ils n’ont pas pu emporter la première fois.

 

Unité d’intervention Téléphone Quartier

SAG

Service AntiGang

034 07 517 10 Anosibe

USI

Unité Spécialisée d'Intervention

034 05 517 23

Itaosy,

Mandroseza,

Alasora...

GIR

Groupe d'intervention rapide

034 05 517 22  67ha
BSI
Brigade de sécurité intérieure
034 07 517 02

Manjakaray,

Mahazo,

Ambatomainty

 

 

 

 

 

 

      
       
    

   
            
 

 

 

NB : Ces quartiers sont indicatifs, parfois le Commissaire ou l'agent qui vous répond vous réorientera sur une des autres unités.

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mercredi, 28 décembre 2011

Happy New Tear

Happy new tear...  Non, ce n’est pas un jeu de mots. Il y a quelques jours, j’ai réellement reçu un new tear’s greeting de la part d’un ami. C’était bien sûr une faute frappe. De l’autre bout du monde d’où il envoie son message, et avec les graves problèmes des autres bouts du monde, il ne sait sûrement pas qu’avec les  impacts de 3 années de crise sur notre vie quotidienne, il y a de quoi verser de nouvelles larmes à Madagascar… Dans ces conditions, il ne serait pas adapté de nous souhaiter une bonne année 2012. (Et comme disait mon ami Grincheux, toutes ces cérémoniales de fin d’année ne sont que des gna gna.)

 

Et pourtant… quand les gens font le top 10 des pays qui ont eu une année pourrie en 2011, Madagascar n’y figure pas. Nos malheurs sont passés inaperçus. Du tsunami au Japon, à la famine en Somalie… peut-on dire qu’on est encore heureux ? On n’a eu qu’un coup d’Etat et il n’y a que quelques morts par semaine et quelques blessés suite à  des attaques à mains armées dans nos maisons. Et puis les morts par inanition et par AVC, qui les a comptés ? Quant au massacre des bois de rose… on n’a qu’à attendre 300 ans pour qu’ils redeviennent comme avant. A condition de les replanter bien sûr.

 

Et pourtant... nos malheurs sont passés inaperçus, mais pas notre pays. Faites un tour sur Twitter avec le hashtag madagascar : vous verrez que notre pays est très populaire et qu’on assure la distraction du monde. Toutes les minutes (au moins), dans toutes les langues, des twitteros du monde entier riront sur madagascar. Le film… pas le pays. Ils ne se douteront pas le moins du monde du drame que vit le peuple malgache. S’ils savent au moins qu’il y a un peuple et pas seulement des lémuriens.

 

Mais est-ce la faute à ces dessins mihomehy animés ou la faute à ces mouvances politiques malgaches qui n’arrêtent pas de se mouvoir dans tous les sens,  mais il parait que les gens pensent que notre hymne national est «  I like to move it move it ! »

 

Hélas, pour nous, 2012 sera un défi toujours aussi dur que les précédentes années. Mais on n’a qu’une vie. On y fera face. Dans la Joie, le Bonheur, la Prospérité, l'Etc. Comme d’habitude... Happy New Tear à tous les malgaches !

 

 

PS : Ci-dessous, un avis important à ceux qui m'ont souhaité FORTUNE en 2011

 

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dimanche, 25 décembre 2011

Waiting on the world to change

Waiting on the world to change est le titre d'une chanson de John Mayer qui parle du pouvoir qu'on a ou qu'on n'a pas à changer le monde.  J'ai voulu utiliser ce titre pour un billet que j’avais prévu de publier pour ce mois de décembre, mais que je n'ai pas pu terminer pour les mêmes raisons qui ont fait que je ne suis plus trop régulière sur ce blog.


Je reprends tout de même le titre pour faire un petit signe aux quelques personnes qui me font l’honneur de lire ce que j’écris et pour qui je me suis prise d’amitié, même si je ne connais certains qu’à travers leurs commentaires.


Une pensée pour vous en ce jour où l’on reste en famille tout en pensant à ceux qui comptent d’une manière ou d’une autre. Bon, je ne vais pas prétendre que j’ai pensé à vous toute la journée de Noël, mais en ce moment, j’ai en tête vos commentaires, vos réactions et vos partages sur vos pages, sur facebook ou sur twitter… Je vous remercie pour ces moments d’échange et ces signes de présence.


Une pensée surtout à ceux qui n’ont pas pu avoir leur Noël, en particulier à cause de cette crise politique.


Je ne souhaite rien aux autres si je ne peux assurer la réalisation de mes souhaits. Pour cette nouvelle année, mes vœux pour vous se limiteront donc à vous dire : Faites que 2012 soit différente, vous êtes les seuls à pouvoir décider et à agir pour. N’attendez pas que le monde change tout seul dans le sens que vous souhaitez.

 

 

Waiting on the world to change

(John Mayer)


Me and all my friends
We're all misunderstood
They say we stand for nothing and
There's no way we ever could

Now we see everything that's going wrong
With the world and those who lead it
We just feel like we don't have the means
To rise above and beat it

So we keep waiting
Waiting on the world to change
We keep on waiting
Waiting on the world to change

It's hard to beat the system
When we're standing at a distance
So we keep waiting
Waiting on the world to change

Now if we had the power
To bring our neighbors home from war
They would have never missed a Christmas
No more ribbons on their door
And when you trust your television
What you get is what you got
Cause when they own the information, oh
They can bend it all they want

That's why we're waiting
Waiting on the world to change
We keep on waiting
Waiting on the world to change

It's not that we don't care,
We just know that the fight ain't fair
So we keep on waiting
Waiting on the world to change

And we're still waiting
Waiting on the world to change
We keep on waiting waiting on the world to change
One day our generation
Is gonna rule the population
So we keep on waiting
Waiting on the world to change

We keep on waiting
Waiting on the world to change

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dimanche, 13 novembre 2011

Quand la HAT va

 

Quand les gens de la HAT avaient lancé leur idée de trano mora, ils ont d’abord commencé  avec les trano lafo.  C’est du moins ce que j’ai pu observer en ville.

 

On voit en effet la précipitation de ceux qui font partie du cercle de la HAT  à construire, vite, vite…  Les ministres, la famille du PHAT…  Et on remarque aussi que des anciens zanak’i dada qui ne sont plus maintenant que des havankavana lavitr’i dada  se sont mis à construire une fois qu’ils sont rentrés dans le cercle de la HAT.

 

Et ils ne lésinent pas sur les moyens : matériaux précieux, grandes entreprises pour faire les travaux... Et c’est le bonheur du côté des fournisseurs de matériaux de construction : ils racontent que les gens qui construisent maintenant achètent en gros, tout à la fois, contrairement aux habitudes dans l’ancien temps (c’est-à-dire il y a 3 ans et non pas du temps de mon grand père) où les gens achetaient par petits lots le ciment, les carreaux etc. selon leur trésorerie disponible.

 

Ce qui est triste, c’est que justement beaucoup de gens qui avaient commencé leur construction dans l’ancien temps (encore une fois : c’est-à-dire il y a 3 ans et non pas du temps de mon grand père) ont dû suspendre leurs travaux puisqu’ils n’ont plus les moyens de les poursuivre. Plus de travail, plus de revenus...

 

Pire… à chaque fin du mois, parfois même dès le 25 du mois, on rencontre dans plusieurs quartiers de la ville, des gens qui entassent leurs meubles dans des bâchées, des charrettes, voire des pousse pousses, car ils ne pourront pas payer leur loyer. Certains vont tenter un loyer moins cher ou juste squatter avant le prochain loyer. Ou encore partager le loyer avec d'autres ménages en attendant une transition meilleure des jours meilleurs.

 

Entre temps, j’ignore si ça a un lien quelconque avec la période de la HAT ou pas, mais on signale des villas pour VIP français dans la région de Marovazaha, au Nord-ouest de Madagascar à 200 km de Mahajanga.

 

Alors quand la HAT va, le bâtiment va… ou ne va pas, c’est selon.

 

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samedi, 29 octobre 2011

Epeler la démocratie

Imaginez un terrain de foot, un vaste terrain avec 19 millions de joueurs, où la majorité des joueurs ne savent pas qu’ils sont sur le terrain et qu’ils font partie des joueurs, où certains n’ont pas envie de jouer, où beaucoup ignorent les règles du jeu ou le confond avec un autre jeu, et où d’autres sont convaincus que le match se passe sur le terrain d’à côté.

 

C’est un peu l’impression que j’ai sur la démocratie à Madagascar depuis que je me suis intéressée aux questions de démocratie, par le hasard répétitif des crises politiques.

 

En 2009, le pouvoir actuellement en place a inauguré le jardin d’Ambohijatovo comme la place de la Démocratie, mais depuis, il apparait que ce qui se passe à Madagascar relève plutôt de  l’ochlocratie, qui est une dénaturation de la "volonté générale" pour incarner les intérêts de certains et non de la population toute entière. 

 

Si l’on pense que la démocratie n'est pas simplement la loi de la majorité, mais que c'est la loi de la majorité respectant comme il convient le droit des minorités [d'après Clement Richard], les manifestations de 2009 ont montré qu’une minorité bruyante a eu raison de la majorité silencieuse,  à un point tel qu’on peut dire que dans notre démocratie, c’est plutôt la queue qui bat le chien.

 

Perception de la démocratie

 

Depuis cette crise, il est assez surprenant d’entendre les réactions des gens lorsqu’on introduit le mot Démocratie dans une discussion. Pendant des années, Madagascar a été officiellement une République “Démocratique”, mais ce terme n’a jamais suscité autant de réactions que maintenant.

 

 

horloger de la democratie.jpgLe mot s'est tellement démocratisé que dans la rue, il n’est pas rare que l’on soit interpellé dessus. Un petit artisan à Mahajanga s’est autoproclamé  Horloger de la démocratie. [photo vue sur Facebook] Un vendeur à la sauvette à Analakely attire ses clients en huant : Par ici la démocratie !  Par ici la démocratie !   Et lorsqu’on leur demande de plus amples explications, l’horloger parlera de transparence et d’honnêteté pour son commerce, alors que le second se taira… Peur d’être inquiété ou honte de ne pas pouvoir en dire plus ? En tous cas, parmi les chaussettes que j’avais achetées chez lui pour engager la conversation, il a réussi à me refiler des paires trouées... Autant pour moi et la démocratie…

 


Il y a des milieux où la démocratie est devenue un sujet de débat quasi quotidien.  D’un certain niveau intellectuel, on y décortique l’histoire de notre démocratie, les structures, les lois, les acteurs… Les jeunes savent citer et réciter Lincoln : C’est le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple. Mais au fur et à mesure qu’on élargit le champ d’investigation à diverses catégories sociales, on constate qu'on ignore ce que démocratie veut dire, ou alors elle est comprise (ou pas comprise du tout), comme la liberté d’expression, souvent dans le sens d’avoir le droit de dire tout ce qu’on veut. On en  oublie que notre liberté s’arrête là où commence celle des autres.

 

Mais il arrive souvent que ce mot génère un sentiment de rejet, car il  fait penser à un coup d’Etat, aux crises politiques, ainsi qu’à toutes les difficultés sociales et économiques qui les accompagnent. Quand ce genre de rejet arrive à des responsables censés être parmi les acteurs principaux de la réussite de la démocratie, cela peut soulever des questions quant à l’espoir de voir une démocratie s’ancrer efficacement au sein de notre société.

 

C’est d’ailleurs le débat qui se fait souvent chez ceux qui façonnent le pays au quotidien, pendant que les politiciens se battent pour des chaises et des portefeuilles : La démocratie est-elle faite pour un pays comme le nôtre ?

Car la démocratie ne se limite pas aux élections et aux institutions, même si tout revient à la fin aux votes pour avoir l’avis de la majorité. Il y a toute une nécessité de responsabilisation sociale à faire et de participation citoyenne à développer.

 

La démocratie est-elle faite pour un pays comme le nôtre ?

 

Beaucoup doutent qu’elle soit vraiment efficace à Madagascar, pour des raisons culturelles, économiques, de niveau de développement ou autres.  De multiples raisons peuvent justifier ces doutes : 

 

  • Survie d’abord, travailler d’abord, s’intéresser et participer ensuite, si l’on peut.
  • Le désintéressement urbain : qui en ville participe aux réunions de fokontany ?  On préfèrera payer le dina ou envoyer la femme de ménage pour que le carnet du fokontany soit tamponné.
  • Dans les villages, aller voter ou se réunir exige un long déplacement sans moyen de transport  disponible et qui engage une demi-journée sacrifiée aux dépens des travaux agricoles.
  • A coup sûr, ce sera toujours les plus influents, même minoritaires, qui se feront entendre dans les réunions. D’ailleurs dans beaucoup trop de régions encore, si on laisse les femmes assister aux réunions, elles restent au fond de la salle, à la fois figurante et spectatrice.
  • Notre culture et notre histoire nous ont façonné à ne pas interpeller les autorités et les aînés. Et même pour prendre la parole face à des aînés, il faut s’excuser avec sept miala salohy et des tsy zokiny aho fa zandriny qui durent au moins cinq minutes.
  • Si en zone urbaine, il y a de nombreuses possibilités pour s’informer et favoriser la participation,  l’accès à l’information est encore très limité pour la population rurale, et que parfois les jours de marché restent les seules sources d’information possibles.

 

Apprendre la démocratie

La démocratie est un processus et on doit œuvrer au quotidien pour la faire évoluer. La journée du 15 septembre a été instituée depuis 2007 comme journée internationale de la démocratie, et elle a été célébrée à Madagascar dès 2008 (mais pas en 2009). Des initiatives commencent à émerger pour une éducation à la démocratie, mais le doute persiste : cela nous convient-il vraiment, et comment s’y prendre pour que tout le monde s'implique et bâtir une vraie démocratie ?

 

A l’école de la démocratie, on commencera par l’épeler : D comme doute...

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samedi, 06 août 2011

Une citoyenne comme les autres

Ecrire les choses revient à les vivre deux fois… au moins.  Et la situation devient de plus en plus difficile que je me suis tue comme tous ces autres qui n’ont jamais parlé, pour ne pas revivre la situation… pour pouvoir garder un peu d’énergie pour affronter cette longue, longue, longue transition qui nous mène vers une destination incertaine.

 

En circulant en ville, selon les quartiers où l’on va, on a l’impression que la vie a retrouvé son cours normal.  Les grillades populaires sont fréquentées. Les gens continuent à sourire… Vous êtes forts les malgaches, me disait un vazaha, la situation est catastrophique et vous trouvez encore la force de sourire.  Mais ce n’est qu’une apparence car en faisant plus attention, on remarquera que les gens sont de plus en plus hagards : la façon inconsciente de traverser les rues, les résultats mitigés au travail, l’agressivité dans les ménages, les cas de plus en plus nombreux de viols, les suicides…

 

Les rapports se succèdent et se ressemblent sur les impacts socioéconomiques de cette crise. La pauvreté a toujours été là, mais elle devient de plus en plus intense. On avance des chiffres sur le nombre d’entreprises qui ont fermé leur porte depuis cette crise. Sur le nombre de personnes qui ont perdu leur emploi. Pour une bonne partie du monde qui se sent (encore) concerné, ce sont des chiffres qui alarment, qui attristent et qui choquent. Mais derrière ces chiffres se vivent des drames individuels et des batailles de survie au quotidien.

 

Même si je n’ai pas à m’inquiéter de l’immédiat, je dois mener la même bataille de survie comme les autres, car non seulement la visibilité est très réduite, mais on doit aussi faire face à la hausse généralisée des prix. Et je me demande souvent comment font les autres pour tenir.

 

Ce propriétaire de taxi raconte qu’il conduit lui même son taxi maintenant et qu’il a renvoyé son chauffeur. Quant au chauffeur… Ny chauffeur tsy very mandeha parait-il et qu’il trouvera facilement un autre taxi à conduire. 

 

Un ami qui travaille dans la microfinance affirme qu’ils reçoivent de plus en plus de demandes d’emprunts pour créer des petits commerces. Les agences de micro-crédits évitent tout de même de financer les marchands ambulants qui, non seulement encombrent les rues, mais risquent aussi de voir leurs marchandises confisquées par la CUA et risquent de se trouver dans l’impossibilité de rembourser leur prêts.

 

D’anciennes collègues se font entretenir par leur mari pour celles qui ont la chance d’avoir encore le mari qui travaille. Et d’anciens collègues se font entretenir par leur femme pour ceux qui ont la chance d’avoir la femme qui travaille.

 

Ceux qui ont un bon réseau de connaissance arrivent à trouver de petits travaux de consultance ou quelques heures de cours à donner, et doivent s’adapter à des thèmes qui ne leur sont pas habituels.

 

Ce qui est curieux par contre, les offres d’emploi ne reçoivent pas autant de succès comme pour le recrutement de ministres de la HAT. Pour un poste de responsabilité, on reçoit au maximum une centaine de CV, ce qui est loin, très loin de la pile millénaire de candidats aux postes ministériels.

 

Et dans ce chaos, il y en a qui quittent volontairement leur travail pour des questions d’incompatibilité politique. Comme il y en a qui affirment ne pas vouloir un travail contre la reconnaissance des putschistes : En effet, beaucoup d’activités dépendent du retour des financements extérieurs, qui eux-mêmes dépendent soit du retour à l’ordre constitutionnel soit de la reconnaissance de la HAT. A la question un travail ou la reconnaissance ?  j’ai entendu plus d’une répondre : “C’est toute la valeur dans laquelle mes enfants vont grandir qui sera foutue. Ampahafirin’ny tsy manana asa rehetra ?

 

“La vie, c'est comme une bicyclette, il faut avancer pour ne pas perdre l'équilibre” disait Einstein.  Et je fais comme tous les autres : je pédale pour ne pas tomber… et malheureusement je ne peux pas pédaler et écrire en même temps…

 

 

PS : merci à tous ceux qui continuent à visiter ce blog malgré mon silence relatif.

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samedi, 09 juillet 2011

MBOLA HO AVOTRA VE ?

Aingan'alahelo nosoratan'i César no zaraiko aminareo.

 

 

MBOLA HO AVOTRA VE ?

 

Maninona marina no tsy mety tafarina
ireto Malagasy mandady arona
ny ankamaroany dia tena mijaly
vitsy dia vitsy no mba afa-mifaly


Isaky ny mba miakatra ny harinkarena
mba androsoan’ity firenena
dia tsy maintsy ravain’ny politisianina
ka arodany hatramin’ny mba arofanina

 
Ny Malagasy ve no very tadidy
fa efa hatramin’ny andron-dradidy
no efa naika tsy tafavoaka tonelina
raha tsy nisy ny FMI nampivelona

 
Sao dia ny gasy ary no tena domelina
ka namporisika an’ity rajoelina
itondra ny tany nefa tsy olomboafidy
ka mampitondra faisana sy ny mangidy
 

Sa ny mpanjanaka no mahay mampiletika
mahay mampiasa ireo karazana tetika
ka raha mpitondra tsy manaiky ny baikony
dia miala tsiny fa tsy maintsy voajaikony
 

Iza ihany koa moa no tsy mahalala
fa ny sinoa izao no tompon’ny ala
lasany hatramin’ny ankibon’ny tany
ka ny firenena no hampahantrany
 

Ny fangoronan-karena ataon’ny karana
amin’ny fomba maloto tsy ara-dalana
dia efa mahazatra sy tsy mahataitra
ireto maro anisa mitelina mafaitra
 

Ka mbola avelantsika itondra ihany ary ve
ireo mpitarika rehetran’ny 13 mey
izay tsy takona afenina ny tsy fahombiazana
hanavotana tanteraka ity tanindrazana!

 

Mpanoratra : César

9.07.11

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dimanche, 29 mai 2011

Là-bas

Il y avait vraiment eu de belles couleurs sur la route ce jour là. A vous faire regretter de ne pas avoir une caméra professionnelle pour capter les nuances de chaque rayon de couleur. Tout était si harmonieux, en couleur et en luminosité… vous faisant oublier le temps d’un voyage que Madagascar est dirigé depuis un demi-mandat par des gens que personne n’a mandaté pour.

 

Mais ce beau paysage est vite terni par un fait. En deux heures de route, nous avons croisé une demi-douzaine de convois funèbres. Qu’y a-t-il donc de si terrible là où je vais pour qu’autant de gens décident en même temps d’abandonner cette vie ?

 

Et pourtant, là-bas, la vie semble épargnée par la crise politique, bien que les opinions contre le pouvoir actuel existent. Les gens subissent par contre l’augmentation importante des prix des PPN, les obligeant à vendre plus tôt leur réserve de production agricole pour combler un besoin de trésorerie. La période de soudure commence plus tôt et devient plus longue.

Là-bas, les attaques à mains armées se multiplient, et arrivent au moins deux fois par mois racontent les habitants. Et comment faire confiance aux forces de l’ordre quand on voit quelques-uns d’entre eux, en tenue, autour d’une bouteille de dzamandzar à 14h de l’après-midi ?

 

Néanmoins, on était si tranquille là-bas, loin du stress de l’information. Situation toutefois gênante quand on veut apprendre les décisions prises lors du sommet des Chefs d'Etat de la SADC à Windhoek.  Les échos qui nous parvenaient là-bas ont été contradictoires. J’étais entourée physiquement et virtuellement de journalistes, mais même eux se posaient des questions : fa inona ny tena marina ?  Entre ceux qui font la fête et ceux qui annoncent la rencontre de Gaborone, tout le monde s’y perd. Tard dans l’après-midi, il y en avait un qui me disait encore : Nahazo reconnaissance ny HAT ! La prochaine fois, il faudrait non seulement demander la source mais aussi l’heure de l’information. 

 

 

Puis retour dans les réalités d’un monde bancal entre une fausse transition et un semblant de 4ème république, où l’on est de nouveau assailli par les informations, en même temps que par les gaz d’échappement de la Capitale.

 

D’emblée on se retrouve en sursaturation de DSK sur lequel je n’ai pas envie d’émettre un avis car nous sommes dans un monde où tout est possible.

 

Ensuite, on voit qu’ils sont en train de réparer les rues de la ville. On bouchera les trous à défaut de pouvoir faire des travaux plus adaptés. Une bonne chose pensera-t-on. Mais l’œil averti remarquera surtout le logo de l’entreprise qui fait les travaux. Une grande entreprise qui fait des travaux effectués en temps habituels par des PME. Ce qui confirme qu’on est encore en crise, comme en 2002 où les grands prennaient les travaux des plus petits. Et que deviennent les PME ?  Par ricochet, j’associe leur destin à ces gens que je vois de plus en plus souvent giser sur les trottoirs. 

 

Mais pour ne pas changer, on se retrouve une fois de plus entre deux informations contradictoires : Total délaisse-t-il le pétrole lourd de Bemolanga, ou pas ? Et ceux qui associaient Bemolanga à une des causes de cette crise, (c’est normal, miakatra ny fofona pétrole… disait Jean en 2009) penseront que la situation de Total aura un lien avec la sortie de crise. Sortie qui se fera (ou pas…) à cette énième réunion de la dernière chance à Gaborone.

 

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Source Midi Madagasikara

 

Mais revenons à la réunion de la dernière chance à Windhoek. La décision du sommet des chefs d’Etat de la SADC semble être claire pour tout le monde. La feuille de route du Dr Simao aurait été tacitement rejetée disent les uns.  La Feuille de route déjà paraphée par l’écrasante majorité des Forces politiques du pays vient de recevoir l’appui des Chefs d’Etat de la SADC, selon ceux qui ne disent que la vérité, rien que la vérité (pas de lien, cherchez vous-même).

 

Ce qu’il en est, on retiendra que le sommet réitère la nécessité d’un processus entièrement inclusif, et demande la réunion des parties prenantes au siège de la SADC au Botswana.  Et la question est : Que va-t-on faire à Gaborone ? Négocier ? Signer ? Dialoguer ? Organiser ?  Ou une surprise partie (prenante) ?

 

Parait-il que Rajoelina n’y ira que pour signer la feuille de route, et que Gaborone est une dernière chance donnée aux trois mouvances pour y adhérer, que la date des élections sera connue après le 6 juin, et que plus besoin de réconciliation nationale.

 

Et de l’autre côté, tout le monde se réclame faire partie des parties prenantes. Dans le jargon technique, les parties prenantes sont ceux qui peuvent changer positivement ou négativement les décisions, le déroulement ou les résultats d’un projet, parce qu’ils sont affectés ou parce qu’ils ont pouvoir d’influence.  Ainsi, il est un peu normal que tout le monde veuille aller là bas au Botswana. Le communiqué de la SADC, a encore une fois manqué de précision. Mais le bon sens veut qu’il s’agisse seulement des chefs de file des mouvances (et peut-être leur suite), car on ne peut pas transporter 19 millions de malgaches à Gaborone.

Si seulement, la HAT n’avait pas sorti une autre NOTAM à l’encontre de Ravalo, on aurait pu la tenir ici à Tana cette énième réunion de la dernière chance… avec toutes les parties prenantes qu’on veut…

 

En attendant Gaborone... Louis Michel insiste sur le renforcement de la pression de la communauté internationale sur les putschistes… L’image de Rajoelina comme président n’est plus trop stable… Et en le plaçant sur ce petit seza, le Président d’un pays qui pourtant le reconnait comme président, ne lui accorde pas les honneurs dus à son “rang”.  A moins qu’il ne considère que c'est la place qu'il mérite ?

 

 

Là-bas… (à Gaborone, ou au prochain...)

J'aurai ma chance, j'aurai mes droits…
Ici, les autres imposent leur loi…
La vie ne m'a pas laissé le choix…
Ici, même nos rêves sont étroits…
C'est pour ça que j'irai… Là-bas…

 

 

 

 

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